Table ronde d’enseignants et de personnels du collège Croix d’Argent, signataires de la « lettre ouverte » du BN du POI.

Publié le par POI Montpellier

Table ronde d’enseignants et de personnels du collège Croix d’Argent, signataires de la « lettre ouverte » du BN du POI.

 

Le mercredi 25 juin, à l’initiative d’une militante du POI, 5 professeurs et personnels du collège Croix d’Argent se sont réunis pendant deux heures, pour discuter de la situation politique et des moyens pour contrer le gouvernement dans sa volonté de liquider les retraites. Nous livrons ci-dessous quelques remarques exprimées lors de cette réunion. Vous trouverez ci-joint la déclaration du Bureau National du POI ainsi que la « lettre ouverte ».

 

 

A : « J’ai proposé que l’on se réunisse car la situation à laquelle les travailleurs font face est particulièrement difficile. Partout en Europe, suite à la crise financière, on demande aux peuples de payer la facture. En Grèce, au Portugal, en Espagne, ce sont les dirigeants « socialistes », directement sous la coupe du FMI, qui imposent la réduction des salaires, la baisse des pensions etc.

En France, le gouvernement vient d’annoncer les lignes de son plan : allongement de la durée de cotisation, et ce qui va avec, la fin du départ à 60 ans.

A quels problèmes sommes-nous confrontés ? Les travailleurs le savent : face à cela, il faut avoir un objectif clair. L’objectif, ce n’est pas la réécriture du projet, ce n’est pas l’amélioration, c’est le retrait. Pour l’obtenir, il faut déjà se prononcer clairement, et arrêter les journées d’action dont l’inefficacité a déjà été prouvée. FO a réuni 70 000 personnes à Paris pour le retrait et la grève interprofessionnelle, nous avons titré notre journal Informations Ouvrières : « Et maintenant ? Y’a-t-il une autre solution que le retrait du projet et la grève interprofessionnelle ? » 

Sur le plan politique, il est clair que toute la force du gouvernement vient du refus des dirigeants de la gauche et de l’extrême-gauche plurielle de combattre pour l’unité pour le retrait. Les meetings qui se tiennent en ce moment, rassemblant PS, PC, PG, NPA... appellent tous à l’unité dans le cadre des journées d’action, avec comme seul mot d’ordre la retraite à 60 ans. Le BN du POI a adressé une lettre ouverte qui pose la question de l’unité des responsables pour qu’ils appellent au retrait pur et simple »

 

P : « Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi les dirigeants de la gauche, alors que tout le monde est d’accord pour le retrait se refusent à le dire ? Quel intérêt pour eux à refuser de dire retrait également ? »

 

Al : « les partis commencent à regarder en direction de 2012. Ils savent qu’une fois au pouvoir, ils devront appliquer la même politique que le gouvernement en place. Entre 1997 et 2002, on a eu la gauche plurielle : quelle différence avec la droite ? Ils ont relayé les directives européennes de la même manière. Ils sont donc gênés pour combattre une politique qu’ils auront à appliquer plus tard. Voilà pourquoi ils se refusent à dire « retrait ». »

 

A : « En 2002, c’est Jospin (PS) et Chirac (UMP) qui sont allés signer ensemble à Barcelone le document d’orientation européen pour allonger de 5 ans la durée de cotisation. Dans ce gouvernement de « gauche plurielle » siégeaient les actuels dirigeants du PC et du Parti de Gauche. D’accord pour appliquer les politiques de l’Union européenne, une fois au pouvoir, ils mettent en œuvre la même politique ».

 

T : « Il y a un hic là dedans : pourquoi n’arriverait-on pas à dire tous la même chose, à s’unir pour faire reculer le gouvernement ? Moi je trouve hallucinant la division des syndicats alors qu’on aurait intérêt à combattre ensemble. Au point de départ on veut tous la même chose ».

 

C : « Quand vous dites que tous les partis refusent de dire retrait, c’est vrai pour tous les partis ? Que disent les dirigeants de LO par exemple ? »

 

Al : « Certains partis peuvent dire retrait à certains moment, mais ils accompagnent toujours ce mot d’ordre de son contraire. Le PCF a indiqué qu’il était pour le retrait, et dans le même communiqué, il a indiqué que lors du passage à l’assemblée, ils voteraient contre. La belle affaire : cela veut dire que le projet va bien voir le jour, et que la seule perspective, c’est un vote contre dans une assemblée où la droite est majoritaire ? C’est une impasse. Je viens de lire un communiqué du NPA : ils disent retrait. Mais dans le même temps, ils appellent à la journée du 24, sans dire que cette journée d’action, une nouvelle, n’est pas appelée sur le mot d’ordre de retrait. Avec le PG, le PC... ils appellent à « des lundis au soleil » « festifs », le 28 juin et pendant tout le mois de... septembre! Donc oui, en bas ça pousse, mais pour le moment, le seul journal qui affirme clairement : il faut la grève interprofessionnelle pour le retrait, c’est le journal diffusé par le POI, Informations Ouvrières. C’est en ce sens que le BN du POI a publié la lettre ouverte aux dirigeants des partis. »

 

N : « Personnellement, je ferai grève le 24. Pourtant, je suis pour le retrait, et beaucoup de gens seront pour le retrait. Il faut qu’il y ait du monde dans la rue pour qu’on puisse avancer. Si on ne manifeste pas pour montrer notre opposition au gouvernement, cela voudra dire que les gens sont d’accord avec les arguments du type « on vieillit trop », « on doit travailler plus longtemps » etc ».

 

A : « Attention, le problème de ces arguments, c’est qu’ils ont été avancé par le COR, dans lequel siègent patrons, gouvernement, partis et syndicats. Et depuis 6 mois, les organisations qui se réclament des travailleurs disent qu'il faut une réforme; évidemment ça pèse sur eux ! Dans ces conditions, le problème, c’est de définir une position indépendante de ces pseudo arguments qui aident le gouvernement et sa propagande ».

 

Al : « L’argument du nombre  a ses limites : l’an dernier, on était nombreux dans les journées d’action. Résultat : après 4 journées d’action en 5 mois, le gouvernement a pu faire passer tout ce qu’il voulait sans problème. Donc le problème, ce n’est pas d’appeler à descendre dans la rue une fois par mois, mais de définir un objectif clair – le retrait- et partant de là, d’indiquer le moyen qui permettrait aux travailleurs de rassembler leurs forces et de combattre : la grève interprofessionnelle.  ».

 

 T: « Moi le premier j'en ai marre des journées d'action. Comment ça se fait qu'ils ne s'allient pas, à la base on sait ce qu'on veut, on va pas travailler jusqu'à 75 ans! Il y a un problème avec les dirigeants. On nous fait voter pour des gens qui essaient de nous faire oublier ce qu'ils ont fait il y a 15 ans. »

 

P : «Si jamais ça marche, que l’on fait reculer le gouvernement, ils vont quand même chercher à nous faire payer la dette que nous avons contractée à l'échelle mondiale. Comment faire dans ce cas-là ? L’économie est mondiale… »

 

 Al: « Les travailleurs peuvent décider de ne pas payer des dettes qui ne sont pas les leurs, comme en Russie en 1917 »

 

P: « Oui mais les Français seraient alors isolés et menacés. »

 

A : « Toute lutte dans notre pays est une aide à tous les combats dans le monde, et en particulier en Europe; toute victoire serait un point d'appui partout, les travailleurs ne sont pas isolés. Le POI est membre de l’Entente Internationale des Travailleurs et des peuples. Partout la même question se pose : ne pas payer pour le renflouement des banques et des spéculateurs. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons été à l’initiative d’une conférence d’urgence européenne à Berlin, et que nous allons organiser un compte rendu public de cette réunion à Béziers le 2 juillet. Vous y serez les bienvenus pour poursuivre cette discussion ».

 

 

 

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