Rentrée 2012 : 14 000 enseignants en moins pour 30 000 élèves de plus !

Publié le par POI Montpellier

 

223 000 lycéens  sortis du système scolaire sans diplômes !
Voilà ce que signifie le paiement de la dette et la réduction des déficits !
 
Au nom de la réduction des déficits publics, 14 000 nouvelles suppressions de postes sont programmées dans l’Education nationale à la rentrée 2012.  80 000 postes ont été supprimés en cinq ans, autant d’emplois stables qui disparaissent pour nos enfants.  Les conséquences sur leurs conditions d’études en cette rentrée sont effroyables :
 
Dans les écoles primaires de l’Hérault,  40 postes de professeurs des écoles seraient supprimés, alors qu’on attend 1049 élèves de plus ! Les fermetures de classes vont aggraver une situation déjà insoutenable :
  • Jusqu’à 32 élèves par classe en maternelles
  • Le taux de scolarisation des 2 ans s’est effondré à moins de 5%, et maintenant  de nombreux enfants de 3 ans ne trouvent plus de place en maternelle ; leurs parents sont obligés de les inscrire une année supplémentaire en crèche.
  • Ils sacrifient tout ! Même les enfants les plus vulnérables, qui n’auront plus droit à l’aide des enseignants spécialisés (Rased) et dont toute la scolarité va être saccagée !
 
Dans les collèges de l’Hérault : 10 postes supprimés pour 619 élèves en plus !  L’Inspection académique refuse d’ouvrir une classe supplémentaire à moins de 30 élèves ! La suppression d’une classe de 6° au collège Clémenceau de Montpellier menacerait  l’existence même du collège !
 
Avec la réforme des lycées : aucun poste créé dans l’Hérault, avec 439 élèves de plus !
  •  L’ouverture du lycée Georges Frêche à Montpellier se  fait donc à moyens réduits, entrainant des suppressions de postes dans chaque établissement de l’académie ;
  • C’est 35-36 élèves par classe ;
  • Toutes ces suppressions de postes sont liées aux contre-réformes (mastérisation, « réforme » des lycées et des STI, « réforme » des STG à la rentrée 2012…) qui suppriment toujours plus d’heures de cours et de dédoublements et permettent de bourrer les classes. Au lycée Henri IV de Béziers, on passerait de 3 classes de première STG à 2 avec 36 élèves par classe.
 
Dans les lycées professionnels de l’académie : 73 postes sont supprimés avec la généralisation du bac pro 3 ans (suppression du BEP)  et le développement de l’apprentissage qui conduisent à une diminution d’effectifs,
(-542 élèves prévus) car on diminue la capacité d’accueil de 214 places du CAP au BTS :
Fermetures notamment :
-     à J. Moulin Béziers, fermeture  CAP métiers du pressing (« sans intérêt économique »)
-        à Henri IV Béziers : -18 places en  BTS compta et gestion des organisations (peu «efficace »)
-     à Mermoz Montpellier : -70 places (fermeture bac pro techniques d’usinage : 12 élèves pour 15 places en 2011, commentaire du rectorat : « très faible demande » !!!, fermeture de 2 classes de bac pro systèmes électroniques numériques, d’1 classe de BTS service informatique aux organisations)
-       Mendès France, -41 places dont 30 en compta secrétariat
-       Pézenas : fermeture CAP plastiques et composites ; un bac pro dans l’ébénisterie transformé en CAP (cursus plus court)
-       J. Brel à Saint-Pons : fermeture du  bac pro maintenance des équipements industriels
-       Sète : -14 places à Joliot Curie (bac pro techniques d’usinage), -28 à Charles de gaulle
 
Tout cela conduit augmentation des sorties d’élèves du système scolaire : « Entre juin 2011 et octobre 2011, il y a 223.000 jeunes qui sont sortis du système éducatif sans diplôme. Cela représente environ 5% des jeunes de plus de 16 ans qui sont dans nos lycées ou nos lycées professionnels (…) un quart sont pris en charge par les missions locales. Et il en reste environ 160.000 qui jusqu'à présent étaient partis sans laisser d'adresse, perdus de vue" a indiqué le ministre de l'Education nationale Luc Chatel au Grand Jury LCI/RTL/Le Figaro !
 
On prive nos jeunes d’instruction, de qualification, d’avenir !
La scolarité de nos enfants ne doit pas être sacrifiée
pour payer une dette qui n’est pas la nôtre
Payer la dette ou instruire les jeunes générations, il faut choisir !
 
 
Force est de constater que la rigueur que nous subissons fait l’objet d’un consensus droite-gauche : François Hollande veut « faire voter au lendemain de la présidentielle une loi de programmation qui respectera nos objectifs européens de réduction des déficits » (JDD, 21 août). Et quand Châtel s’en prend aux missions des professeurs définies par les décrets de 1950, V Peillon déclarait dès novembre 2011 : « Il faudra faire évoluer la définition du métier (d’enseignant), de ses tâches,  de ses obligations, des services » (JDD) et   n’excluait pas « un allègement d’horaires au lycée » (Le Monde 22/11/2011). Que vaut la promesses de « recréer » 60 000 pontes dans l’Education nationale, sans par ailleurs augmenter le budget, dans ces conditions ?
 
Une question se pose donc : n’a-t-on comme unique perspective que d’attendre la présidentielle de 2012, pour voter pour des candidats qui annoncent dès à présent qu’ils paieront la dette et qu’ils réduiront les dépenses publics ?
 
Pour le POI, la réponse est claire : ici et maintenant, aucun consensus avec le gouvernement, toutes les revendications des parents et des enseignants sont légitimes !  Ni moratoire, ni paiement, ni report : Annulation de la dette !
Mettre le doigt dans l’engrenage du paiement d’une dette qui n’est pas la nôtre,
C’est aider l’Union européenne et le gouvernement à imposer l’austérité !
 
Pour le POI, les revendications sont claires :
Annulation de la dette !
Ce n’est pas à nous de payer pour les banques !
Aucun consensus pour la réduction des déficits publics !
Dehors les plans de l’Union européenne et du FMI !
 
Unité pour l’annulation des suppressions de postes, de classes, de sections, d’options à la rentrée 2012 !
Retrait du projet de décret sur l’évaluation des enseignants !
Maintien des statuts, des programmes, des diplômes, des concours nationaux !
Abrogation des contre-réformes !

Les enseignants et personnels seront  en grève et en manifestation nationale le 31 janvier à l’appel de leurs syndicats pour le retrait du projet de texte sur l’évaluation des enseignants et l’annulation des suppressions de postes. Ils ont raison. Pourquoi ce qui est possible dans l’Education nationale ne le serait-il pas ailleurs ?
 
Les élus, les parents d’élèves, et les enseignants avec leurs organisations sur leur propre terrain, sont fondés à refuser chacune de ces fermetures et à combattre pour en exiger le maintien.
 
Nous avons décidé de nous présenter aux élections législatives contre la politique de l’Union européenne et du paiement de la dette. La question n’est pas de donner « du sens à la rigueur » comme l’a proposé François Hollande, mais de combattre la rigueur. Nous agissons pour que les mobilisations conduisent à l’élection d’une Assemblée constituante souveraine qui pourrait rouvrir les classes dans nos écoles, parce qu’elle serait indépendante du FMI et de l’Union européenne.
 
Nous nous prononçons contre les fermetures de classe, et nous aiderons dans le département, tous les élus qui, fidèles aux intérêts de la population, refuseront cette destruction de l’école de la République.
 
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Dans le primaire public, les écoles maternelles devraient perdre 9.587 élèves et les écoles élémentaires (du CP au CM2) devraient en scolariser 12.077 de plus. Tendances similaires dans les écoles du privé, avec 2.749 élèves de moins en maternelle et 5.259 de plus en élémentaire. Dans le secondaire public, la baisse prévue de 9.725 élèves est entièrement imputable aux lycées professionnels (38.710 élèves de moins), collèges et lycées généraux et technologiques devant connaître une hausse d'effectifs d’environ 25 000 élèves. (AFP).

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