tract des enseignants du POI 24.05.2011

Publié le par POI Montpellier

Le gouvernement veut inscrire dans la constitution la réduction des déficits publics !

Danger pour l’éducation, pour les postes, pour les services publics !

 

14 375 suppressions de postes dans l’éducation !

 

 

En plein mois de Juillet, le gouvernement veut réunir le congrès pour inscrire dans la constitution le « respects des équilibres budgétaires », c'est-à-dire l’instauration permanente de la rigueur. C’est au nom de cette « réduction des déficits publics » que sont programmées 14375 postes d’enseignants pour 70 000 élèves en plus dans l’Education nationale. Dans l’Hérault 48 postes sont supprimés pour 709 élèves de plus dans le premier degré, 600 élèves de plus et 53 enseignants en moins (équivalent  à un collège entier) dans le second degré.

C’est cela la « réduction des déficits publics » : des classes à 28, 30 dès l’école maternelle, des professeurs non remplacés, des enfants qui attendent une place dans l’enseignement spécialisé, médicalisé parce qu’il en manque, des options supprimées, des stagiaires en grande difficulté, des enseignements disciplinaires réduits…

De l’autre côté, l’Etat a versé en 2009 50 milliards d’euros simplement au titre des intérêts de la dette.

Les collègues, les parents n’acceptent pas. Depuis janvier, des milliers d’entre eux se sont rassemblés devant les rectorats, les Inspections académiques, exigeant le maintien des postes, des classes supprimés. Comment expliquer que ce mouvement de fond ne parvienne pas à se centraliser ?

 

Un véritable consensus droite/ « gauche » !

Dans l’Hérault, l'Inspecteur d'académie répond à une délégation syndicale : « en tant que citoyen, je constate que le budget de l'Education nationale n'est plus le 1er budget de la nation, dépassé désormais par le service de la dette. Et je constate aussi qu'aucun des candidats déclarés aux élections présidentielles de 2012 ne s'est prononcé pour l'augmentation des moyens pour l'EN. Par conséquent, je fais ce que je peux avec des moyens réduits à la rentrée 2011, et croyez-moi ils le seront aussi en 2012 ! ».  En effet, tous ceux qui préparent 2012 le savent : ceux qui succèderont à Sarkozy continueront sa politique ! Seule les travailleurs avec leurs organisations peuvent arrêter ce désastre.

Les déclarations des responsables du PS le confirment :

 Jérôme Cahuzac, député PS, à la ministre : « Je vous remercie, madame la ministre, d’avoir confirmé que la politique de suppression d’un poste de  fonctionnaire sur deux sera maintenue. »

 Pierre-Alain Muet, PS : « Nous sommes d’accord pour réduire les déficits (…). Pour réduire la dette et les déficits, il n’est pas nécessaire de changer la Constitution, il faut changer la majorité. »

 

N’est-ce pas ce consensus droite-« gauche » qui pèse sur les parents,

les personnels et leurs organisations ? Ouvrons la discussion !

NON A LA REFORME CONSTITUTIONNELLE !

Signez, faîtes signer l’appel initié par le Parti Ouvrier Indépendant contre le projet de réforme constitutionnelle ! 

 

 

Les dirigeants du PS n’annuleront pas les surpressions de postes…

 

Martine Aubry déclare dans une interview au Monde du 3 mars) au sujet de l'école : « L’Etat doit personnaliser ses réponses. Et pour nous, socialistes, c’est presque une révolution. Regardez l’éducation : longtemps, nous avons cru que l’école de Jules Ferry, avec les mêmes enseignants, les mêmes programmes, les mêmes moyens pour tous les élèves garantiraient le succès de tous. Ce n’est pas le cas, car la société a changé. Pour amener chacun au plus haut, il faut… encourager l’autonomie des enseignants… » Le journaliste lui pose la question : « Donc, vous ne direz pas : la droite a supprimé 100 000 postes, nous les rétablirons ». Martine Aubry répond : « Nous dirons : nous créerons les postes là où les besoins existent pour assurer la réussite scolaire ».

 

Le PS affirme dans sa résolution de décembre 2010 :

 « Nous proposons de confier aux établissements et à leurs équipes pédagogiques, en autonomie, une part importante de leur dotation en heures d’enseignement » (…) « Nous ouvrirons le chantier des missions et de l'organisation du service des enseignants : les travaux en petits groupes, le tutorat, l'accueil des élèves et des familles, la préparation des séances et les corrections, le travail en équipe devront à terme en faire intégralement partie », c'est-à-dire la fin des décrets de 1950 définissant notre charge de travail nationalement en heures hebdomadaires de cours dans la disciplines de recrutement. »

 

 

Compte rendu d’une discussion enseignante…


Nous reproduisons ci-dessous les éléments d’une discussion entre des enseignants à l’initiative du POI.

 


Au : « Quelques mots sur le congrès départemental du POI, et l’appel qui en est issu : attaques généralisées contre les travailleurs, pour les mettre en œuvre  les atteintes à la démocratie politique s’aggravent : IO 148 sur le Portugal : la troïka encamisole tous les partis avant les élections, obligation de rendre des comptes à la BCE ; en France Attali « quel que soit le vainqueur en 2012, ce sera le FMI qui gouvernera », donc campagne centrale réforme constitutionnelle. »

An (collègue L) : « Il n’y a pas d’alternative au oui européen, tout le monde est assujetti au oui de ces messieurs. Il faudrait l’unité autour d’une candidature, Mélenchon ou un autre, pour convoquer une assemblée constituante dans l’année qui suit les élections ; (par rapport à l’appel POI) le problème c’est que c’est un coup les vignerons, un coup les enseignants… il n’y a rien qui les agrège, les gens n’ont plus envie de se battre. »

L : « C’est ce que je disais aussi lors de la dernière réunion, dans mon lycée il ne se passe rien ; mais comme militant syndicaliste j’ai fait une demande d’heure d’information syndicale. La contestation est morcelée on n’arrive pas à la centraliser. »

T : « C’est très pessimiste ce que vous dîtes, je ne sais pas s’il y a une issue. »

L : « Il y a une apathie depuis la réforme des retraites. »

An: « L’élément prégnant c’est les media ; Besancenot renonce à se présenter à la présidentielle, il a raison, il en a marre d’être le facteur contestataire pour les grands-mères. La Vème république est un système pourri jusqu’à la moelle. »

L : « Nos revendications ne sont jamais relayées par les media. »

Em (collègue L) : « Je suis pessimiste, ils sont très forts, ils vous donnent l’illusion qu’on a des lois. On ne peut rien faire c’est l’économie. Il y a des gens qu’on expulse de chez eux, tu crois que tu as quelque chose et puis plus rien. Les banques sont sorties de la crise encore plus riches, je ne comprends pas comment c’est possible. Le petit porteur se fait avoir par les banques. »

T : « Difficile de faire autrement que mettre son argent à la banque quand on en a un peu. »

L : « C’est le diktat du système capitaliste. C’est nous qui avons payé la dette et épongé pour les banques On arrive au bout. Est-ce qu’il faudra encore des centaines de milliers de plus qui basculent dans la misère ? En Tunisie ils ont faim ; nous on a faim mais pas assez. »

T : « Alors on serait obligés d’attendre de mourir de faim !? »

N : « Toutes leurs réformes sont reliées entre elles, c’est un programme, marche par marche.  A mon  avis quand tu es vraiment au fond du gouffre tu ne penses plus à te battre tu penses à survivre. »

Au : « T a raison, on ne va pas attendre d’avoir tous faim ; d’ailleurs il suffit de regarder dans notre secteur, depuis trois mois des milliers de personnels et de parents se battent, ils étaient un millier du Val-de Marne, ici en avril la rue de l’Université était noire de monde le jour du CDEN contre les fermetures de classe, des profs, des parents. Dans le collège de Nat les profs et les parents se battent. L’IA l’a dit : «  je constate que le service de la dette est passé devant l’EN dans le budget de l’Etat », « Mon enveloppe est fermée ». Alors c’est chez Châtel qu’il faudrait aller, non ?

A quoi on se heurte tous ? Depuis trois mois il n’y pas eu de centralisation de ces bagarres par les syndicats nationaux, la FSU, la CGT et Sud restent dans le cadre du collectif des 25 et refusent de relier l’action et les  cahiers de revendications des bahuts, de demander l’annulation des suppressions de postes. Le fond de l’affaire, les dirigeants de « l’intersyndicale » l’ont exprimé en octobre : ils sont d’accord sur « la nécessaire réduction des déficits publics » ; même consensus politique, voir les déclarations du PS à l’Assemblée.

C’est vrai, il faut une assemblée constituante souveraine, c’est la position du POI mais cela supposera de rompre avec la BCE à qui les gouvernants doivent obéir et rendre compte,  celle qui  entend mettre le Portugal sous sa férule, et pour le moment ce n’est pas la position du Front de gauche…  qui lui demande de mener une meilleure politique.  N’est-ce pas un autre obstacle ?

En Tunisie le processus révolutionnaire se poursuit, grèves contre le gouvernement de transition avec l’UGTT dont les Tunisiens se ressaisissent. Nous avons besoin de nos propres forces organisées.

Aujourd’hui nous pouvons œuvrer au regroupement contre le consensus : campagne de masse contre la réforme constitutionnelle (26 000 signatures !); le vigneron, l’élu, l’enseignant de l’appel  ne sont pas isolés car ils ont un parti, une force organisée qui les relie dans un même combat, décliné dans leur secteur ! »

T : « Au, un collègue AED est venu me voir en demandant où signer contre la réforme constitutionnelle ; tu pourrais me donner quand même les pétitions du parti! Je vais faire signer la vie scolaire. »

: « Ce que j’aime bien, c’est qu’à chaque fois que je discute avec vous, ça me donne la pêche. »

 

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