Le POI informe les habitants de l’agglomération de Montpellier

Publié le par POI Montpellier

Parti Ouvrier Indépendant, fédération de l’Hérault, 16 rue Pierre Fermaud, 34070 Montpellier.

Blog : http://poi-montpellier.over-blog.com/ tel : 06 31 18 52 83 Mail : poi_montpellier@yahoo.fr

 

Le POI informe les habitants de l’agglomération de Montpellier :

Qu’y a-t-il derrière le projet « Métropole de Montpellier » ?

Tous les jours la presse locale relate les propos des partisans de la réforme territoriale et de la Métropole, présentée dans des termes nécessairement positifs : dynamisme économique,  grands projets, coopération, etc. bien entendu, la « souveraineté des communes sera respectée ».

Les habitants de l’agglomération se demandent : qu’est-ce que cela va changer ? Que va-t-il rester de nos communes ? Les promesses faites par l’actuel maire de Montpellier, Philippe Saurel ainsi que par certains élus et responsables du PS comme Mourre –pourtant battu aux dernières municipales, vont-elles vraiment devenir réalité ou s’agit-il de faire passer une nouvelle régression ?

Le POI s’adresse donc à tous les habitants pour les alerter des dangers contenu dans le projet de loi n°2014-58, dite « MAPAM » (modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles) :

 une réforme d’ensemble pour liquider communes et départements.

La mise en place des métropoles est une pièce d’un puzzle plus grand visant à casser les communes et les départements, avec leurs services publics et leurs agents. C’est une réforme voulue par l’Union européenne qui veut détruire tout ce qui ne rapporte pas de plus-value aux banques. Le triptyque républicain commune/département/nation devrait être remplacé par métropole/euro-région/union européenne. Manuel Valls a d’ailleurs déclaré : « dans les départements dotés d'une métropole, il y aura fusion du département avec le territoire métropolitain ».

2)   60 compétences transférées vers la métropole, dont l’urbanisme.

La loi prévoit un transfert massif de compétence des communes : urbanisme, voirie, développement économique, tourisme, habitat local, immobilier… la liste est immense, des abattoirs jusqu’à l’éclairage public, les  marchés ou la concession des plages ! Comment les communes pourraient encore avoir une souveraineté… sans compétence ? Par ailleurs, les communes verront diminuer leur budget, à hauteur de 11 milliards en application du pacte de responsabilité MEDEF/CFDT.

3)  aucun contrôle de la population

Tout sera géré par des cabinets d’audits, des « experts ». Les élus n’auront aucun moyen de contrôler les dossiers énormes, et même en cas d’opposition d’une commune, ce sont les élus de la commune centre qui auront le plus de poids. La population aura donc un maire qui gèrera quelques registres comme l’état civil. C’est une liquidation de la démocratie communale, qui préfigure la disparition pure et simple des communes, héritage de la Révolution Française et garantie de la démocratie locale. 36 000 communes : pour l’Union européenne et la spéculation, tout cela est de trop, il faut en finir.

4)  la disparition des services publics

Les multinationales pourront se tailler la part du lion, car elles n’auront pas a négocier avec 31 communes, mais avec un représentant de la Métropole. Tous  les services publics pourront donc être délégués, comme cela a été le cas avec la Tam, derrière lequel il y a Veolia Transport (anciennement Connex). Dans le même temps, les services publics seront concentrés dans des « maisons de service AU public » dans lesquelles Etat et entreprises privées proposeront leurs « services »… moyennant finance : c’est donc la population qui va pâtir de la spéculation sur la désertification…

5)  des centaines d’emplois menacés.

Le gouvernement l’a avoué : il y aura des suppressions de postes, afin de faire des économies. Egalement, il y aura des déplacements massifs d’agents d’un poste à un autre, avec changement d’employeur. Quel avenir pour les jeunes si on supprime des emplois ?

Face à ces menaces, la résistance s’organise. Les communes ont jusqu’au 17 octobre pour se prononcer.  La commune de Saussan à déjà voter CONTRE ! 800 élus et militants ont signé une pétition demandant le vote CONTRE aux élus. Dans le même temps, le congrès de la CGT34 s’est prononcé contre la Métropole, de même que le SNES34.

 Accepter la Métropole, c’est accepter la disparition programmée des communes !

Maires et élus des communes : votez CONTRE ! Unité pour le vote CONTRE !

 

 

 

 

 

 

Réunion/débat le 25 septembre à Grabels, salle Campos, 20h00

avec Gérard Schivardi, maire de Mailhac et secrétaire national du POI

 

Prendront la parole des élus du PC et du PG, un syndicaliste Postier

 

 

 

 

 

 

 

 

A tous ceux qui, sans partager tous nos points de vue, élus, maires, militants du mouvement ouvrier, syndicalistes, veulent bloquer la métropole pour défendre la République et les acquis ouvriers, nous proposons de nous réunir pour engager une discussion :

De partout : les questions fusent. Les habitants ont envie de comprendre.

Quelques éléments  de réponse…

 

 


« Où trouver le texte de loi relatif à la Métropole ? »

 

La loi est disponible en ligne sur le site http://www.legifrance.gouv.fr

C’est la loi n°2014-58 intitulée modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles.

 

« On affirme que la Métropole va permettre le développement économique. Est-ce vrai ? »

 

En réalité, la Métropole servira uniquement à la privatisation, qui ne créera aucun emploi. De l’aveu même de Philippe Saurel, le « développement économique » sera traduit en fait par le pilotage de « pole de compétitivités » et des SATT (société d’accélération du transfert de technologie » (source : fiche de presse de l’Agglo du 17/07/2014), soit des mesures de privatisation de la recherche publique !

 

« Si l’on ne passe pas en Métropole, Toulouse pourrait devenir capitale régionale ? »

 

Si les maires décident de ne pas accepter la liquidation de leurs communes dans la Métropole, alors cela sera un point d’appui pour tous les maires qui refusent la réforme territoriale et la disparition des départements, des services publics et la liquidation de la République.

 

« Et la « charte de confiance »

dont parle Philippe Saurel ? »

 

Philippe Saurel, afin de gagner la confiance de quelques élus, a avancé l’idée d’une charte de confiance. Problème : cette charte n’a aucune valeur. Impossible de remplacer une loi votée au un parlement, par une charte locale.

Ainsi, Philippe Saurel peut dire ce qu’il veut : c’est la loi qui s’appliquera ! Par ailleurs, cette charte n’a pour le moment pas été rendue publique, et elle n’est pas proposée au vote dans les conseils. Elle n’a réellement aucune valeur.

 

« Il est dit que si l’on ne passe pas en Métropole, on perdrait « 15 euros par habitants », est-ce vrai ? »

 

Faux. La dotation pour l’agglo actuelle est de 45 euros par habitants. Le passage en métropole ferait passer cette dotation à 60 euros par habitants. MAIS : cela représenterait 7 millions d’euros sur un budget total de 867 millions, soit 0,8% ! Dans le même temps, il est prévu une vraie saignée dans les budgets des communes : 11 milliards en moins au plan national. Donc l’état reprendrait plusieurs fois aux communes le peu l’argent qu’il donnerait à la Métropole… qui en fera ce qu’elle voudra, puisque les communes n’auront pas la mainmise dessus. Voilà comment un argument partial et partiel est utilisé pour faire accepter la Métropole.

 

« Le pôle Métropolitain, c’est quoi ? »

 

La métropole de Montpellier ne va pas en rester là. En effet, Saurel propose un « pole métropolitain » qui irait de Sète à… Ales ! 197 communes seraient concernées. S’il s’agit d’une simple EPCI pour le moment, le but, au final, est bien de constituer des immenses entités pour en finir avec les 36 000 communes, maillage républicain et démocratique, héritage de la révolution française.

 

« Certains élus qui étaient contre pendant les municipales, sont favorables ou ne critiquent plus la Métropole. N’est-ce pas la preuve que cela va dans le bon sens ? »

 

Deux maires ont en effet changé de position, après avoir été nommés vice-présidents de l’agglo : un maire UMP qui a voté POUR et un maire du PG qui s’est abstenu (René Revol). La  loi n’a pas changé, elle. René Revol a annoncé son intention de voter contre. Bien, mais pourquoi tarder autant à faire voter son conseil municipal ? Le conseil est prévu le 13 octobre, c’est-à-dire à la fin des votes des communes. Et pourquoi tous ces satisfécits dans la presse à Saurel, qui est en train de la mettre en place ? En procédant ainsi, il refuse tout combat sérieux contre la métropole, lui pavant la voie !

 

« Que font les partis politiques face à cela ? »

 

Le PS est divisé sur cette question, mais les principaux responsables sont main dans la main avec Saurel lors des votes. C’est ainsi que Mourre candidat PS pro-métropole pourtant laminé, voit sa politique s’appliquer quand même. Les responsables du PCF ont demandé un référendum.

Dans le même temps, des élus du PC et du PG mènent campagne pour le vote CONTRE. Le POI est avec eux dans ce combat.

 

« Pourquoi l’Union européenne est-elle hostile

à l’existence des communes ? »

 

La République, c’est les communes, mais surtout, les conquêtes sociales qui ont été gagnées par le combat de nos ainés, que nous avons cherché à préserver jusque-là. Pour les banques, les spéculateurs, tout ce qui n’est pas immédiatement rentable doit être liquidé. C’est ainsi que le gouvernement Hollande, au service de l’Union européenne n’a qu’un mot à la bouche : baisser le coût du travail, casser les acquis, donner toujours plus au patronat.

 

« Que se passe-t-il dans les autres Métropoles en France ? »

 

Partout, les élus, les maires, cherchent à résister à  cette politique, afin de défendre l’existence des 36 000 communes.

C’est ainsi que le 28 juin  à Paris, 50 élus de toute la France se sont réunis pour discuter d’une perspective, et ont évoqué la possibilité d’une manifestation nationale si le prochain projet de loi concernant la réforme territoriale n’était pas retiré.

 

« Comment pourrait-on faire reculer la politique du gouvernement, pourtant largement rejetée ? »

 

Toutes les combinaisons sont évoquées : changement de premier ministre, attendre 2017, une sixième république… Mais la seule chose que ce gouvernement entendra, c’est le rapport de force : le combat uni des travailleurs avec leurs organisations, sur les revendications. Le fait que deux syndicats, CGT et FO, refusent le pacte de responsabilité montre que le consensus n’existe pas.

Le POI entend modestement engager une discussion avec tous ceux qui, militants syndicalistes ou politiques, sans nécessairement partager toutes nos positions, cherchent à dégager une perspective pour la jeunesse et les travailleurs de notre pays.

 

Le texte intégral de la loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 est consultable sur le site http://www.legifrance.gouv.fr/ Lire le chapitre IV concernant la métropole

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