Viticulture : danger ! Les viticulteurs menacés d’être spoliés de leurs droits de plantation !

Publié le par POI Montpellier

Le POI 34  été informé par des adhérents viticulteurs du danger qui les menace. 

 

 

Viticulture : danger !

Les viticulteurs menacés d’être spoliés de leurs droits de plantation !

 

En 2008, l'Union européenne a pris la décision à l'unanimité du conseil des ministres (sauf l'Allemagne) - de droite ou de gauche - de supprimer les droits de plantation. C'est un système qui protégeait les viticulteurs en empêchant les grands groupes financiers  de planter de la vigne, sur des milliers d'ha, car il leur fallait ces droits que les viticulteurs actuels, eux, possèdent.

Le rapport parlementaire du député UMP Vautrin est bien obligé de reconnaître: « l'Argentine disposait d'un système d'encadrement des droits de plantation, et la suppression de cet encadrement a entraîné, en quelques années, le transfert de la propriété du vignoble: des producteurs vers l'industrie ». L'objectif de l'Union européenne est donc bien précis: c'est la disparition, au profit des secteurs financiers, des exploitants viticulteurs ; une véritable spoliation !

 

Le gouvernement français fait une proposition :

 que ces droits soient livrés aux interprofessions,

 c'est-à-dire aux banques et aux industriels de l’agroalimentaire !

 

Depuis 2008, sous la vigueur de la protestation de toute la profession, des pays ont changé d'avis. C'est le cas de la France. Ainsi, M Sarkozy ne cesse d'affirmer maintenant qu'il ne veut plus cette suppression des droits de plantation. Mais le problème c'est que le gouvernement propose que ces droits ne soient plus gérés administrativement par le service public mais soient gérés par les interprofessions agricoles.

 

Quand on sait que ces interprofessions regroupent à la fois des représentants d'exploitants familiaux, des gros négociants, des industriels de l'agroalimentaire et des banquiers des grandes surfaces, on comprend que le petit exploitant familial ne pèse pas lourd. D'autant que toute la politique suivie par les élus de droite comme de gauche – et c'est particulièrement le cas dans le Languedoc/Roussillon – ont tous poussé à la fermeture des caves coopératives, pour des entités toujours plus grandes, pour être « plus compétitif ».

 

Un consensus autour de la privatisation des droits de plantation ?

 

Les députés UMP se disent favorables au rapport Vautrin[1] qui préconise le transfert de la gestion des droits à l'interprofession. Au moins c'est clair et c'est « logique » avec les intérêts qu'ils représentent. Les élus du PS - qui connaissent très bien les buts des interprofessions puisque ils ont voté la loi en 1999 - font semblant de découvrir le problème et refusent de prendre publiquement position pour le maintien de la gestion par  le service public.

 

Le POI, face à ce consensus, combat sur les revendications suivantes :

 

- Maintien des droits de plantation !

- Non aux transferts de ces droits aux « interprofessions » !

- Maintien de la gestion administrative de ces droits par le service public des douanes

- NON au consensus droite/« gauche » exigé par  l'Union européenne, le FMI et l'OMC.

 

 

 

Quel est le rôle des « interprofessions » ?

 

Il faut savoir que, depuis  1999, par une loi votée dans le cadre de la cohabitation droite/gauche sous Chirac/Jospin, ces interprofessions ont pour mission de contribuer: «  à la mise en oeuvre des politiques économiques nationale et communautaire… Les accords conclus... ne peuvent pas comporter de restrictions de concurrence » (article L 632-2). Les interprofessions sont donc devenues des organismes subsidiaires de l'Ue dont le but est de mettre en application ses directives. Il ne s'agit plus d'organismes indépendants travaillant à la défense des professions et des professionnels.



[1] Source : http://agriculture.gouv.fr/filiere-viticole-catherine-vautrin

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