Tract poste du 08.01.2010 : Comment en est-on arrivé là ?

Publié le par POI Montpellier

Une discussion s’ouvre parmi les postiers :

La loi de privatisation de la Poste va bientôt passer devant l’assemblée nationale : qui est responsable de cette situation ?

Comment en est-on arrivé là ? Comment s’en sortir ?

 

 

Des postiers s’interrogent…


Un postier de Montpellier nous explique « avec le changement de statut il faut être rentable , la direction courrier, me parle que d'industrialisation du courrier. Dans leur réforme du courrier c'est du supprimer les titulaires de tournée. Si le courrier est une adresse mal libellé ou un nom approximatif. Le courrier est renvoyer à l'expéditeur car le porteur de lettre ne connaît plus la population. C'est pire encore avec les colis car souvent les tournées dans les grands agglomération sont sous missionnés à des acteurs privés »


Un autre postier nous dit : « le plan de destruction avec la suppression de 50 000 à 100 0000 emplois, les postiers connaissent : c’est l’emploi de jeunes intérimaires au lieu des personnels sous statut pour faire les tournées. Résultat : des tournées très longues, éprouvantes pour les jeunes, et de nombreuses erreur dans la distribution, des usagers insatisfaits. » 


Un postier de l'enseigne « pour être rentable, efficace  dans leur plan de destruction, ils ont crée 4 directions là ou il y avait une seule. Il y a une direction courrier, une  colis, une direction de l'enseigne (les bureaux de poste), une direction banque postale . L'enseigne trouve que le courrier ne le paye pas assez pour ces prestations. Elle veut donc supprimer les instances en bureaux de poste pour les externaliser aux bureaux de tabacs etc... le slogan a la mode c'est l'enseigne c'est la banque postale et la banque postale c'est l'enseigne en gros aujourd'hui c'est la direction  la banque qui réajuste les effectif à ces besoins ( toujours moins il  faut atteindre le taux de rentabilité des banques dixit le rapport de la cours des comptes  présidé avant par monsieur Seguin. »


Comment en est-on arrivé là. On voudrait nous faire croire que c’est de la responsabilité des postiers qui ne se seraient « pas assez mobilisés ». Les postiers du POI discutent : regardons-y de plus prêt.


A Paris, des postiers ont discuté de la situation : « après le vote de la loi au Senat, après les grèves autour du 24 novembre… ? De nombreuses interrogations se posent ».

Les réponses aux problèmes ne sont pas « à chercher du côté des postiers » : « tous rejettent la privatisation, sont attachés, fonctionnaires comme contractuels, à leur statut, à leur convention commune, garantissant leur emploi, opposés aux restructurations ».

Si les postiers refusent la privatisation, qu’est-ce qui permet au gouvernement de continuer ?


Nous portons ces informations à la connaissance des postiers, afin qu’ils puissent en discuter, y réfléchir :


-         lors de la grève du 24 novembre, deux fédérations syndicales appellent à une grève de 24 heures, les trois autres déposant des préavis de grève illimitée.

-         un responsable d’une fédération nationale indique qu’il ne s’agit que « de faire durer la grève jusqu’aux manifestations du 28 (appelé par le comité politico-syndical qui a organisé la votation) afin d’améliorer la loi ».

-         Un responsable du NPA, militant syndical dans les Hauts de Seine, est venu proposer dans une AG de postier qu’il fallait une manifestation nationale… en février parce qu’ « une loi, ça se vote et ça dévote ».

-         Au centre de tri de Bobigny, à la question posée de la nécessité de la grève jusqu’au retrait, il fut répondu « que les responsables se réuniront dans une semaine ».

-         Un communiqué d’adhérents du POI, postier explique : « les revendications du maintien du statut et de la convention commune qui lui est adossée sont quasiment absentes de la plupart des tracts syndicaux ».

-         Partout en France, les comités votations ont organisé un nombre incalculable d’initiative en tout genre, dont l’envoie de carte postale « pour un référendum » à Sarkozy, et même un lâché de ballon place de la Comédie.


Tous ces éléments, dont on pourrait fournir encore plus d’exemple, n’indique-t-il pas que les postiers ont été confrontés à une confusion organisées, à une multitude d’argument, d’initiatives, voire de manœuvre, pour éviter de poser la vraie question : la grève jusqu’au retrait, dans l’unité ?


Les postiers ont-ils une autre issue que de recourir à la lutte de classe, la grève jusqu’au retrait du projet de loi de privatisation et la défense de leur statut afin de sauvegarder leurs emplois et mettre un coup d’arrêt aux plans de restructurations ? 

Qu’en pensez-vous ?

Dans les centres, nous invitons les postiers à se réunir et à en discuter…

 

 

 

 

 

Que s’est-il passé depuis plus d’un an à la Poste ? Le 23 septembre 2008, 100 000 postiers (40% des effectifs prévus) étaient en grève à l’appel des syndicats contre la privatisation. Mais, au lieu de poursuivre dans cette voie, l’ensemble des dirigeants syndicaux choisissent de s’engoufrer dans la commission Ailleret mise en place pour Sarkozy, choisissent de siéger sous la présidence de l’ancien patron d’EDF, avec les responsables de l’état, de la Poste et de tous les représentants politiques, de gauche comme de droite à l’assemblée. Le but ? Organiser ensemble les conditions de la mise en concurrence de La Poste, donc de sa privatisation. Ensuite, les organisations syndicales se sont inscrites totalement et uniquement dans les activités du comité « contre la privatisation » (PS, PCF, NPA, associations…) offrant comme seule perspective aux postiers la demande d’un référendum à Sarkozy, l’envoi de cartes postales, un apéritif festif devant le Sénat, des manifestations régionales décentralisés… Même la grève du 22 septembre 2009, avait été représentée comme une étape pour préparer la votation citoyenne du 3 octobre sans autre débouché possible. Constatons que les postiers massivement mobilisés dans les centres de tri contre les restructurations, mais isolés dans leurs centres et leurs départements, n’ont jamais été appelés tous ensemble à la grève pour le retrait du projet de loi de privatisation et leurs revendications. Posons une question : cela ne tient-il pas au fait que les fédérations syndicales ont décidé de subordonner leurs prérogatives au calendrier d’un comité qui, de surcroît, ne pose pas la question de la défense du statut des postiers ?

 

 

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