Tract POI/AJR contre Idex et la "nouvelle licence" (13/04/2011)

Publié le par POI Montpellier

Le gouvernement veut privatiser les diplômes et les universités

engageons le combat contre Idex et « nouvelle licence » !

Défense des universités, des diplômes, des sciences humaines et sociales !

NON A LA PRIVATISATION !

 

Idex : « le gouvernement recherche la misère universitaire »

(Anne Fraisse, présidente de l’UM3).

 

Dans deux lettres ouvertes à ses collègues, Anne Fraisse, présidente de l’UM3 fait une analyse d’Idex qui rejoint en grande partie ce que le POI et l’AJR ont expliqué depuis le début :

 


« Le grand emprunt ne soutient pas la Recherche et l’enseignement universitaire (la dotation des universités est en baisse cette année de 14 millions et 155 postes), il les réoriente vers une recherche appliquée, appuyée financièrement sur les ressources  économiques et les grandes entreprises

Ce n’est pas la structuration de la gouvernance du projet et l’absence de fusion qui posent problème mais à l’intérieur de cette structuration, un élément essentiel : celui de la prise de décision en ce qui concerne les postes et les financements. La seule question que nous a posée le jury à ce sujet est révélatrice : qui embauche sur un poste d’université pour un projet « grand emprunt » ? qui détermine le salaire ? qui sélectionne ?

La réponse clairement attendue est : non pas les « universités » mais le petit groupe (quelle que soit la structure) qui gère le grand emprunt, extérieur à l’université et dont la composition exclut toute représentation démocratique des personnels et usagers des universités pour privilégier les acteurs économiques. » (Anne Fraisse)

« Sommes-nous prêts à sacrifier l’excellence universitaire et la gouvernance démocratique de nos établissements pour un projet dont le financement risque de s’arrêter avec l’équipe gouvernementale qui le porte, au nom d’une politique dont nous avons dénoncé la nocivité depuis le début ? » (Anne Fraisse)


 

A quoi se heurtent ceux qui veulent résister, si ce n’est au consensus politique entre la droite au gouvernement et les responsables du PS, du PC, qui, majoritaires à la Mairie de Montpellier, au département et à la région, mènent campagne depuis des mois pour faire aboutir ce désastre que représente Idex ?

 

Au même moment Pécresse annonce la

destruction du diplôme de licence. Jugez vous-même !

 

Dans son discours du 8 Février, voici les pistes qu'elle trace :

Proposition de Valérie Pécresse

Nos remarques

« volume horaire minimum »

donc réduction d'heures de cours, de TD… en proposant notamment un volume horaire plus bas que la moyenne actuelle des formations !  N’est-ce pas en rapport avec la « nécessaire réduction des déficits publics » que le gouvernement veut intégrer à la constitution, afin de faire payer aux jeunes et aux travailleurs les milliards versés aux banques et pour la guerre ?

« lever le tabou des 3 ans »

donc des licences en 2 ans ou moins qui seront des diplômes dévalués !

« généraliser le contrôle continu »

plus de garantie d'anonymat et d’impartialité ! Et des diplômes maison, sans valeurs nationale.

« insertion professionnelle, avec un semestre dédié -à ces stages en entreprise- »

6 mois de cours remplacé par des stages en entreprises et autres modules « rédaction de CV » ! 6 mois où les étudiants seront livrés à l’exploitation locale sous prétexte de « formation » !

« Réduction des spécialités »

N’y a-t-il pas là le vocable de ceux qui veulent liquider les matières « non rentables » ?

Pécresse menace : «  toutes ces actions, qui étaient naguère l'exception, nous devons en faire la règle. » Tout ceci, rappelons-le, découle du plan LMD et du processus européen de Bologne[1]

 

Valérie Pécresse prend comme modèle l’université de Saint Etienne et son « guide de compétences »du MEDEF pour la licence !

Faut-il accepter de livrer les diplômes aux entreprises locales ?

 

Le 1er avril, dans un discours à Saint Etienne, Valérie Pécresse  a félicité la présidence de l’université pour « la publication, en partenariat avec le MEDEF et l'APEC, d'un « Guide de compétences »…, qui préfigure les référentiels en cours d'élaboration dans le cadre du chantier licence. Ce nouvel outil permettra d'identifier et de développer des compétences transposables à un ensemble de situations professionnelles. Il… permettra aux responsables des formations et aux employeurs de parler enfin le même langage »[2].

En bref : associer le Medef à la manière d’adapter les formations aux besoins à court terme des entreprises ! N’y a-t-il pas là un lien entre cette attaque et le cadre général de privatisation des plans Campus/UMSF et Idex ?

 

Une question se pose : peut-on combattre ces plans contre la licence en lançant des appels pour « révolutionner la licence »[3] ? En effet, au moment où s’ouvre le processus qui doit aboutir à la liquidation des disciplines, comment comprendre la position de l’UNEF qui appelle à « révolutionner » la licence en demandant «  la mise en place de licences pluridisciplinaires ». Faut-il là aussi rentrer dans le cadre du plan proposé par le gouvernement, qui cherche à liquider les diplômes ?

 

Un consensus politique droite/gauche qui s’inscrit dans le cadre de la rigueur imposée par l’union européenne…

que Sarkozy veut inscrire dans la constitution !

 

Par ailleurs, cette politique s’inscrit dans un contexte global, celui du « pacte pour l’euro » Sarokozy/Merkel, qui va imposer à tous les pays de l’Union européenne : le gel des salaires, l’aggravation de la flexibilité et de la précarité au travail, la destruction des services publics, la soumission des budgets nationaux à la commission européenne.

En France, Sarkozy veut aller plus loin en modifiant la constitution pour y inscrire l’objectif de « budget en équilibre » ce qui signifie rendre illégale toute revendication qui ne rentrerait pas dans le cadre de la « réduction des déficits publics ». En un mot : faire payer aux travailleurs et à la jeunesse le renflouement des banques et des spéculateurs.

 

C’est pour cette raison que le POI a lancé une pétition nationale pour dire : NON A LA REFORME CONSTITUTONNELLE !

 

Le POI de Montpellier fait une proposition aux étudiants et aux personnels des universités et de la recherche :

 organisons nous dans le cadre d’un comité de résistance, unissons nos forces pour défaire le consensus politique qui menace l’existence des filières, des connaissances, des diplômes !

    

 

 

 



[1] Ainsi, pas étonnant de retrouver dans le comité d’orientation de cette « nouvelle licence » Bernard Masingue, directeur des formations de Veolia ou Gérald Lefevre, représentant l’association nationale des Directeurs des Ressources Humaines…

[2] Source : http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid55637/deplacement-de-valerie-pecresse-a-saint-etienne-sur-la-nouvelle-licence.html

[3] Source : http://www.unef.fr/delia-CMS/index/article_id-3224/topic_id-135/l%27unef-appelle-a-revolutionner-le-diplome-de-licence-et-fait-ses-propositions.html

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