Privatisation du service d’hémodialyse du CHU

Publié le par POI Montpellier

Déclaration des candidats aux cantonales du  Parti Ouvrier Indépendant de Montpellier (cantons 7, 9 et 10).



Privatisation du service d’hémodialyse du CHU :
qui peut accepter ce consensus contre les intérêts des patients, de la population ?


 
Nous, candidats du POI de Montpellier pour les élections cantonales de Mars 2011, avons décidé de nous présenter pour aider au combat pour en finir avec le diktat de la dette, pour rompre avec les politiques dictées par le FMI et l’Union européenne.
Nous ne sommes pas responsables de la crise du système capitaliste, et nous ne voulons pas en payer les frais : la payer ou en faire les frais.
Au moment où nous avons décidé de nous présenter, nous avons appris que dans le plus grand silence, dans la plus totale discrétion, était programmée la privatisation du service d’hémodialyse du CHU de Montpellier.
 
Le service d’hémodialyse du CHU de Montpellier (dirigé par le Professeur Canaud) va en effet passer sous Groupement de Coordination Sanitaire, groupement de droit Privé qui sacrifie un service de pointe de l’hôpital public, à recrutement départemental et même  régional aux intérêts du  privé. Le service d’hémodialyse  emménagera dès 2012 dans les locaux de l’AIDER (association privée d’aide à l’installation à domicile des épurations extra rénales) et en 2014 serait privé.
 
Que sont ces GCS ? Des formes juridiques privées, véritables instruments de privatisation du service public, au nom de la gestion axée sur la réduction des déficits de  l’hôpital public. Tout ceci est inscrit dans la loi HSPT, loi Bachelot, puisque lors d’une réunion le 8 décembre 2010 entre direction du CHU et syndicats, il a été indiqué que c’était l’ARS qui ne renouvelait pas l’autorisation de cette activité (au prétexte que le service ne pourrait pas être redimensionné pour passer de 8 à 10 postes !). Voilà où conduit la politique de restriction budgétaire !
L’hémodialyse, dont les patients viennent de toute la région, ne serait donc plus rentable aux dires de l’ARS. Depuis quand un service public, service rendu à la population a-t-il pour vocation d’être « rentable » ? Les personnels, dotés d’une grande expertise, sont « incités » vivement à passer dans le privé, avec perte de statut public, passage au travail en 12h, plus d’aide-soignantes, augmentation de la charge de travail. Ceux qui refusent, cherchent un autre poste dans l’hôpital public, alors qu’ils sont des experts en hémodialyse,  très attachés à leur travail, à cette expertise. A l’heure où des centaines de postes disparaissent : que vont-elles trouver ?
 
Concernant l’acte d’hémodialyse lui même : il ne serait bien sûr, plus facturé globalement, mais nécessiterait une tarification de mode privé,  facturation fragmentée de tous les actes : chimiothérapie, médicaments, examens biologiques,  hôtellerie etc… et donc rentabiliserait les actes au détriment de la sécurité sociale.
 
Il n’y aura plus d’hémodialyse publique à Montpellier !
Tout ceci n’a-t-il pas un lien avec la « réduction des déficits publics » exigée par le gouvernement, l’Union Européenne,  et le FMI ?
 
C’est ce qu’a affirmé N.Sarkozy en visite à l’hôpital d’Avignon le 21 décembre 2010, reprenant en cela les injonctions de l’UE pour 2012 et le discours de Fillon devant l’Assemblée nationale le 24 novembre. «On donnera le plus possible aux hôpitaux (...) mais je le ferai dans le cadre de nos équilibres », a-t-il dit en rappelant que la hausse des dépenses de santé devait être contenue à 2,9% en 2011 après + 3% en 2010.
De son coté,  le jeudi 25 novembre 2010, le Parlement a adopté définitivement le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2011, placé sous le signe des économies. « Notre objectif pour l'année prochaine, c'est de garrotter l'hémorragie et d'être en dessous si possible du niveau de 2010 », a confié le ministre du Budget François Baroin.
Pour mémoire, le même discours a été tenu par l’intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Solidaires et UNSA) dans sa dernière déclaration commune, qui se prononce elle aussi pour « la nécessaire  réduction des déficits publics ».
 
Comment comprendre que le président de la région, les représentants de l’agglo, du Conseil Régional, du Conseil Général (Mr Vezhinet lui-même), de la mairie (Mme Mandroux elle-même), tous membres du Parti Socialiste et qui siègent tous au conseil de surveillance de l’hôpital, ne disent pas un mot là-dessus ? Il s’agit de l’avenir de la population, de la Sécurité sociale !
 
Ne voit-on pas là, au-delà des mots, de la concurrence pour les postes, un partage des tâches entre d’un côté le gouvernement (UMP) et les responsables politiques locaux (PS) ? N’est-ce pas l’expression d’un consensus qui unit ces responsables politiques dans l’application d’une même politique ?

Voilà pourquoi nous décidons de nous adresser à l’ensemble des candidats : la défense des services publics, c’est concret : ne devriez-vous pas vous prononcer immédiatement pour le maintien du service d’hémodialyse dans le cadre du service public, au CHU ?
 
Pour notre part, nous aiderons tout au long de cette campagne à regrouper, à forger le point d’appui nécessaire pour aider à la préservation du service public, en commençant par le service d’hémodialyse.

Les candidats : Annie Salsé (infirmière), Audrey Marc (enseignante), Jean Pierre Sparfel (cheminot)

Publié dans Hopitaux

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François aurigny 18/01/2011 15:10


Tres bien