Non au Plan Campus et projet Initiative d’Excellence (Idex)

Publié le par POI Montpellier

Non au Plan Campus et projet Initiative d’Excellence (Idex)
Non à la fusion – restructuration-privatisation des universités
 

 

 
La présidente de l’Université Montpellier 3 vient de lever le voile sur ce que contiennent les Plan Campus et projet Idex (Grand Emprunt) pour les universités.
Dès l’annonce du Plan Campus en 2008, le comité POI de Montpellier a été la seule force politique à expliquer que, loin d'être un plan pour construire des universités fabuleuses avec de l'argent pour la formation et la recherche, l’objectif était en fait de privatiser lentement les universités, d’adapter l'offre de formation aux besoins des entreprises.
 
C’est ainsi que dans le Cahier des charges de l’opération campus/UMSF nous pouvons lire : « Il est donc demandé aux universités candidates de réfléchir dès à présent soit à la manière d’attirer des partenaires investisseurs qui partagent le même projet, soit à la possibilité d’intégrer dans leur projet de campus des activités économiques dont elles peuvent attendre des retours sur investissement. »
 
Quant au projet Idex, voici ce qu'en dit Madame A. Fraisse, présidente de l’UM3 dans sa lettre annonçant son retrait de ce plan : « Les différentes injonctions du ministère vont toutes dans le même sens et écartent systématiquement nos disciplines pour une disparition programmée des Humanités tout en insistant pour que le plan CAMPUS et l’IDEX se fassent dans le cadre strict de la fusion ».
 
N'est-ce pas clairement contre les filières et les disciplines que sont tournés ces deux plans de privatisation?
 
Or à quels problèmes sont soumis les personnels et les étudiants qui veulent résister à la casse des universités et de la recherche publique?
 
Dès le début du plan Campus, toutes les forces politiques se sont unies dans un concert de louanges aux propositions de Sarkozy. C'est ainsi que Frêche (alors dirigeant de fait du PS dans la région) a pu déclarer «  soutenir Mme Pécresse (la ministre UMP de l’enseignement supérieur NDLR) à 100%... Montpellier a été retenu comme un des six premiers projets de l'opération Campus lancé par le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche. La Région Languedoc-Roussillon a promis d'abonder de 50 centimes pour chaque euro apporté par l'Etat » (Conseil Régional, février 2009).
 
Le journal du Conseil Régional, qui a à sa tête un nouveau président « socialiste » de Région, M. Bourquin affirme que «  la fusion est impérative » (le Sud n°1, nouveau journal du conseil régional, octobre 2010).
 
Quant au Conseil Général (PS) dans un communiqué du 23/10/2010, il rappelle qu’il a largement contribué financièrement au plan campus notamment en « incitant le transfert de technologies entre l'Université et les entreprises ». En juillet 2008, la ministre V. Pécresse avait d’ailleurs remercié le même conseil général : « Le Président du Département de l'Hérault a reçu le 15 juillet dernier un courrier de la Ministre l'enseignement supérieur et de la recherche. Dans celui-ci, Valérie Pécresse remercie André Vezinhet de son soutien à ce projet "votre soutien a indéniablement joué en faveur de cette sélection". » (site du conseil général, www.herault.fr, 17 juillet 2008)
 
Le PCF, par la voix de Michel Passet (élu à la mairie de Montpellier) a annoncé : « Toutes les institutions, le monde universitaire et les centres de recherche associés se sont mobilisés en un temps record pour faire de ce dossier, un projet gagnant. » (Tip Top, journal de la mairie de Montpellier à destination des jeunes n°34 été 2008).
 
Le NPA, dont l’élu s'est abstenu lors du conseil municipal du 18 avril 2008, a déclaré : «  Le plan Campus décide de donner des moyens nouveaux et une visibilité internationale à 10 ou 15 universités » (déclaration de Francis Viguier, élu LCR/NPA au conseil municipal de Montpellier).
 
Toutes ces  forces politiques sont pour le moment soit restées silencieuses ou bien  ont volé au secours du nouveau projet Idex-fusion des universités, comme c'est le cas de H. Mandroux qui a immédiatement déclaré : « Aujourd’hui, des prises de position (...) peuvent marquer un coup d’arrêt aux ambitions que porte ce projet Idex pour l’avenir de l’enseignement supérieur de notre région et au rayonnement de notre université bien au-delà de nos frontières. (...) Ainsi, solennellement, j’appelle au rassemblement des acteurs, universitaires, économiques et politiques de Montpellier. » (Midi Libre, 19 novembre 2010)
 
 C’est ce véritable consensus gouvernement-UMP et élus locaux de « gauche et extrême gauche plurielle » qui permet la destruction de l’Université publique, des disciplines, malgré la résistance des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche et des étudiants.
 
N'est-ce pas également ce même consensus politique qui a aidé Sarkozy à faire passer sa réforme des retraites au nom de la « nécessité » ? N'est-ce pas en permanence à ce consensus politique général, découlant de l'acceptation du cadre d'ensemble dicté par le FMI et l'Union européenne, que se heurtent jeunes et travailleurs qui pourtant manifestent en masse partout, en Grèce, Portugal, Espagne, Irlande, Angleterre, Italie contre cette politique qui détruit tout?
 
Partisan de l'unité, le POI est partie prenante de la Conférence ouvrière qui se réunira le 11.decembre à Paris, afin de regrouper tous ceux qui entendent tirer les leçons du combat qui vient de se dérouler sur les retraites pour aider les travailleurs à surmonter les obstacles dressés par les dirigeants des partis traditionnels, qui, de notre point de vue, portent la responsabilité de la situation.

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