Courrier à ATTAC et aux partis se réclamant de la défense des intérêts ouvriers

Publié le par POI Montpellier

Chers camarades,
 
Nous avons bien reçu votre invitation pour la réunion de ce soir, dans laquelle vous invitez un certains nombres de partis et de syndicats afin de constituer un « collectif pour un audit de la dette publique ».
Nous avions décidé de venir à votre réunion afin de débattre de cette question, mais il se trouve qu’il nous sera finalement impossible, pour des raisons pratiques, d’y participer.
Aussi souhaitons-nous vous faire part de quelques remarques et interrogations de notre part, et de vous faire une proposition.
 
Tout d’abord, nous sommes plus que réservés sur le fait d’associer partis et organisations syndicales dans le cadre d’un débat politique. Pour une question de principe de respect de l’indépendance réciproque parti/syndicat, qui n’ont pas les mêmes domaines de compétence. Ce principe, lorsqu’il a été ignoré par exemple au moment de la transformation de la Poste en société anonyme, a privé les postiers de toute possibilité de saisir leurs syndicats sur le terrain de la grève. En effet ceux-ci se retrouvaient encadrés par des partis présentant les directives européennes de privatisation comme inéluctables et devant s’appliquer, le tout dans le cadre d’un calendrier élaboré par un comité politico-syndical. La suite, vous la connaissez : après une votation citoyenne et quelques actions divers (y compris des lâchés de ballons), la loi est passée.

Certains avancent l’idée de faire « payer les riches » : pourquoi ne pas annuler la dette ?
 
Ensuite, concernant le fond du texte, la caractérisation de la dette nous a étonnés. En effet, nous lisons : « Cette dette a-t-elle été tout entière contractée dans l'intérêt général, ou bien peut-elle être considérée en partie comme illégitime ? ». La dette serait donc contractée dans l’intérêt général (si l’on admet qu’il existe un « intérêt général » dans le système capitaliste), avec éventuellement (mais ce n’es t pas sûr une partie de cette dette illégitime.
Si cette dette est entièrement ou partiellement légitime, alors sont également légitimes les suppressions de poste, la hausse de la TVA, la baisse des prestations sociales, ou tout autre forme de paiement de la dette.
Certains avancent parfois l’idée de faire « payer les riches » : mais dans ce cas, pourquoi ne pas décider tout simplement de ne plus payer les banques (celles-ci étant, vous l’admettrez, le lieu où se concentre les richesses) et d’annuler la dette ?

Pour notre part, nous estimons que la privatisation de la dette publique (avec les intérêts qui vont avec et qui s’élèvent à 45 milliards d’euros chaque année) a été contractée pour spéculer sur les états, qui sont poussés à diminuer leurs dépenses, donc à liquider des pans entiers de institutions sociales et des emplois qui vont avec. Ceci, en Grèce comme en France, comme dans toute l’Europe, sous les injonctions et les diktats de l’Union européenne, du FMI et de la BCE.
Ainsi, la question n’est pas de réaliser un audit (même « citoyen »), pour déterminer ce qui serait à rembourser, mais à regrouper les forces de ceux qui veulent en finir avec le système destructeur de la dette.

Unité pour l'annulation de la dette !

Voilà pourquoi nous ne pouvons pas signer en l’état le texte présenté. Nous vous proposons par contre de nous prononcer ensemble pour l’annulation de la dette, et d’affirmer, avec les Grecs et les peuples en Europe : « dehors la Troïka, nous ne paierons pas ».
 
Nous sommes disponibles pour en discuter.
 
Cordialement,
 
Le bureau du POI de Montpellier, le 08/11/2011.

Publié dans Vie du POI

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