Communiqué POI du 9.12 sur Idex et Campus

Publié le par POI Montpellier

Non à la privatisation/destruction
des universités et de la recherche !



Suite aux révélations de la présidente de l’UM3 Anne Fraisse sur les plans Idex (« initiative d’excellence ») et campus, les étudiants et les personnels s’interrogent : ce que tous, de gauche comme de droite, nous présentaient comme un plan de financement des universités ne serait-il pas une manœuvre pour liquider des pans entiers de disciplines ?

  C’est ainsi que dans le Cahier des charges de l’opération campus/UMSF nous pouvons lire : « Il est donc demandé aux universités candidates de réfléchir dès à présent soit à la manière d’attirer des partenaires investisseurs qui partagent le même projet, soit à la possibilité d’intégrer dans leur projet de campus des activités économiques dont elles peuvent attendre des retours sur investissement. »

Mais depuis quand un service public attend des « retours sur investissement » ? Quel « retour sur investissement » l’histoire et la géographie peuvent attendre ? Dans ce cadre-là, n’est-il pas clair que ce qui est à l’ordre du jour, c’est la destruction des sciences sociales ?
C’est justement ce qu’explique Anne Fraisse quand elle dit : « Les différentes injonctions du ministère vont toutes dans le même sens et écartent systématiquement nos disciplines pour une disparition programmée des Humanités tout en insistant pour que le plan CAMPUS et l’IDEX se fassent dans le cadre strict de la fusion ». 

Alors que tout cela devrait aboutir naturellement à ce que l’unité se fasse partout pour dire clairement « abrogation d’idex, du plan campus, défense de toutes les disciplines, des universités et des diplômes », partis et dirigeants, chacun à leur manière, volent au secours d’Idex.

C’est ainsi que la maire de Montpellier (PS) Mandroux a expliqué dans un communiqué : « j'en appelle donc à la responsabilité des différents partenaires du projet Université de Montpellier Sud de France qui doivent immédiatement cesser de laisser libre cours à leurs querelles internes pour ne plus perdre de vue l'intérêt général de notre ville et de son université. »

Le refus de voir les filières disparaitre, pour Mandroux, ce serait « des querelles internes » qui devraient cesser pour faire passer le plan Campus ? N’est-ce pas œuvrer pour la privatisation voulue par Pécresse ? on pourrait faire les mêmes citations pour le conseil général (PS) et le conseil régional (PS), partenaire des plans campus et Idex, avec l’aval des responsables politiques locaux.



Pour sa part, le POI combat pour :

UNITE pour la défense de toutes les disciplines de l’UM3 !
UNITE pour l’abrogation des plans Idex et Campus !



Voilà ce pour quoi devraient combattre tous ceux qui se réclament de la défense des intérêts ouvriers.

 

 


 

 

Pour information :
Extraits de la lettre d’Anne Fraïsse, Présidente de l’UM3, annonçant son retrait d’Idex.




« Chers collègues,

Mercredi soir, lors d’une réunion dans le bureau du recteur, en présence de 4 représentants de la Région, d’un représentant du préfet et des deux autres présidents d’universités, j’ai du me résoudre à quitter les négociations sur le projet d’Initiative d’Excellence (IDEX).
Un courrier de la Ministre, adressé à la présidente du PRES*, fait de la fusion une condition de réussite de l’IDEX et, dans le même temps, les Humanités sont tenues à l’écart de cet IDEX. On nous demande ainsi tout à la fois de renoncer à faire valoir la qualité de notre recherche et de nos formations et de disparaître dans une nouvelle université entièrement dédiée à d’autres disciplines que les nôtres. Autant nous demander de nous saborder (…)

Un nouveau projet : le Grand Emprunt et « l’IDEX »

(…)
Le Grand Emprunt promet des milliards de crédits à quelques pôles « d’excellence » sélectionnés par un jury international. La réalité est beaucoup plus modeste. Il s’agit, en fait, de donner à certains secteurs de recherche les intérêts du placement de l’argent du grand emprunt soit l’équivalent d’une grosse ANR pour les projets de LABEX (laboratoires d’excellence) et un peu plus pour les IDEX (initiatives d’excellence, d’abord appelées Campus d’excellence). Ces crédits ne sont pas garantis puisqu’ils dépendent du rendement des placements boursiers et ils ne sont dus que pour 4 ans tandis que les universités s’engagent à financer l’action sur 10 ans… D’ailleurs tous les projets qui nous sont proposés s’accompagnent de demandes de financement à prendre sur notre budget récurrent : 240.000 € pour une année de PRES (sans compter les personnels mis à disposition et les crédits interuniversitaires centralisés au PRES), 250.000 € demandés par la Région pour le projet IHU, Une somme non encore chiffrée mais annoncée comme très conséquente pour le projet de société anonyme de valorisation de la recherche, etc… Surtout, sous couvert d’excellence, le projet du gouvernement cible certains secteurs scientifiques et oublie quasiment nos disciplines. Même excellente, la recherche en Lettres Langues, Arts, Sciences Humaines et Sociales, ne peut prétendre qu’à un rôle d’appoint de projets jugés plus rentables pour les entreprises, agro-alimentaire, chimie, bio-santé, etc…

Le manque d’intérêt pour l’excellence dans nos disciplines

Dans ce contexte la fusion n’était plus possible puisque la future université unique allait devoir s’engager à financer en priorité certaines disciplines sans qu’aucune garantie ne soit donnée aux autres quant à leur pérennité. Pour Montpellier III nous n’avions plus comme perspective que d’assurer la formation en langue des futurs étudiants et collègues « d’excellence » qu’accueilleraient l’agro, la chimie ou la biologie et la santé…

Une quinzaine d’organismes représentant quelques centaines d’étudiants discutaient de la prééminence de la biologie sur la santé, de la priorité à donner à l’environnement ou à l’agronomie, au milieu aquatique ou au milieu marin et lorsque l’université Montpellier III a souhaité que la culture et l’interculturalité soient mentionnées pour décrire l’ensemble des humanités il nous a été répondu que si chacun demandait un mot clef pour sa discipline on n’y arriverait pas… Un mot pour décrire les Lettres, les Langues, les Arts, la psychologie, la sociologie, l’histoire, la géographie, le développement social et les ressources humaines, la documentation, l’information et la communication c’était déjà trop, tandis qu’il fallait bien un mot pour chaque sous-équipe de chaque laboratoire d’agronomie. (...)

Les différentes injonctions du ministère vont toutes dans le même sens et écartent systématiquement nos disciplines pour une disparition programmée des Humanités tout en insistant pour que le plan CAMPUS et l’IDEX se fassent dans le cadre strict de la fusion. Cette disparition n’est d’ailleurs même pas une garantie de succès pour le site puisqu’on nous annonçait par la même occasion qu’il n’y aurait finalement que 2 ou 3 IDEX en France dans un premier temps, et peut être 6 au terme du processus.

Il n’est pas acceptable de souscrire à un tel schéma imposé par des acteurs pour qui le développement scientifique de Montpellier n’est pas la priorité. C’est la raison pour laquelle j’ai du me résoudre à retirer UM3 du projet d’initiative d’excellence. Pour la même raison l’Université pourrait être appelée à renoncer au plan CAMPUS malgré tout l’intérêt du projet ATRIUM, parce qu’on ne peut sacrifier les Humanités pour un plat de lentilles payé à crédit et dont on ne sait même pas s’il sera servi un jour. »

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