Bourquin (président PS du conseil régional) organise un chantage pour imposer la liquidation des filières littéraires et assujettir la recherche aux intérêts des industriels

Publié le par POI Montpellier

Bourquin (président PS du conseil régional) organise un chantage pour imposer la liquidation des filières littéraires et assujettir la recherche aux intérêts des industriels:

non au consensus gauche/droite au conseil régional pour privatiser les universités de Montpellier !

 

« Incroyable », « révoltant », « scandaleux » : les personnels des universités et de la recherche n’ont pas eu de mots assez durs pour caractériser les propos du nouveau président de région Christian Bourquin, « socialiste », qui vient d’annoncer la suppression du financement régional aux universités et à la recherche si celles-ci ne mettaient pas en œuvre le plan Initiative d’Excellence (Idex) du Grand Emprunt, dont la conséquence sera la destruction des filières littéraires ainsi que d’autres des sciences dites dures ne faisant pas partie du domaine sélectionné par l’Idex.

 

Ce plan Idex lancé par le gouvernement Sarkozy a suscité une vague de protestations parmi les personnels et certaines de leurs organisations syndicales. C’est ainsi que la présidente de l’université Montpellier 3 (Paul Valéry, regroupant les UFR de lettres, langues, histoire…) s’est retirée des négociations pour la fusion des universités dans le cadre de l’Idex en expliquant dans une lettre ouverte : « Les différentes injonctions du ministère vont toutes dans le même sens et écartent systématiquement nos disciplines pour une disparition programmée des Humanités tout en insistant pour que le plan CAMPUS et l’IDEX se fassent dans le cadre strict de la fusion ».

 

Le document cadrant l’Idex explicite que les universités devront rentrer dans le schéma suivant : «disposer d’un potentiel important de partenariats (définition et mise en œuvre d’une politique de valorisation et de transfert, intensité des relations avec le monde économique, et plus largement avec la sphère socio-économique, partenariats relatifs à l’insertion professionnelle…) ».  Ce plan Idex est calqué et étroitement lié à la fusion des universités dans le cadre du plan Campus.

 

Gauche et droite à « l’unisson… limite le doigt sur la couture du pantalon »

au conseil régional pour privatiser !

 

Mais alors que la politique du gouvernement de droite se heurte à la résistance des personnels et de certains de leurs syndicats, comment comprendre que M. Bourquin organise cet odieux chantage pour aider le gouvernement ?

Voici ce que l’on peut lire dans l’Hérault du Jour du 23.12.2010 : « L'assemblée à l'unisson… Limite le doigt sur la couture du pantalon pour dénoncer la «folie » d'universitaires qui ne croient guère au « bain d'or » promis par Valérie Pécresse (voir ci-contre)... Chez les Verts, Marie Meunier est tout aussi « triste » que la Divers gauche Anne-Yvonne Le Dain... « II serait  dommageable voire catastrophique de se priver de l'argent de l'Idex », s'indignent les Radicaux de gauche. « En ces périodes de vaches maigres », même le conseiller régional communiste Jean-Claude Gayssot, qui appelle « au sens des responsabilités », n'émet aucune réserve pour «jouer dans la cour des grands ». Tout juste met-il en garde le gouvernement. « Qu'il ne profite pas de ces blocages pour retirer ses billes ». Même l'opposition est d'accord pour couper les vivres aux facs. Pour l'UMP Stephan Rossignol, « les problèmes d'ego vont au-delà de ce qu'on peut entendre ». Son voisin centriste Jean-Jacques Pons va jusqu'à appeler de ses voeux « l'intimidation voire la menace ». »

 

Hallucinant : tous ces élus de droite et de gauche se battent ensemble pour détruire les universités, en relayant la propagande gouvernementale des soit disant fonds qui iraient à l’université… alors qu’il s’agit d’un placement en bourse que quelques-uns toucheraient en contre-partie à la fois de la casse de pans entiers des universités… et de la baisse du budget de l’ensemble des universités et centres de recherche!

 

comment comprendre le silence assourdissant des responsables politiques de gauche et d’extrême gauche qui ne siègent pas au conseil régional ? Le NPA pourtant très « radical », le Parti de Gauche et le Parti Communiste qui se veulent « représenter une alternative » au PS, après avoir soutenu le Plan Campus, ne trouvent rien à redire au chantage du président de la Région ? D’un côté, une présidente d’université qui lance un appel pour défendre les disciplines et de l’autre, des responsables politiques qui, tout en se gargarisant d’être « anticapitaliste », de faire la « révolution par les urnes » et autres salades, se refusent à défendre ces mêmes filières ?

 

N’y a-t-il pas là un large consensus qui va du gouvernement de Sarkozy jusqu’à l’extrême gauche plurielle, pour aider à la privatisation ?

 

Cela ne se retrouve-t-il pas également dans les annonces au niveau national des responsables politiques pour « réduire les déficits publics » ? Les responsables de l’intersyndicale nationale, ceux-là mêmes qui ont refusé de demander l’abrogation de la contre-réforme des retraites, se prononcent maintenant pour la « nécessaires réduction des déficits publics ». Voilà ce à quoi nous sommes confrontés.

 

Comment faire pour s’en sortir ?

Comment briser ce consensus sur lequel s’appuie le gouvernement ?

 

Nous estimons que rien n’est joué. Les travailleurs avec leurs organisations peuvent casser ce consensus. Le POI, qui a été la première organisation politique à condamner les plans Campus et Idex, au moment où tous (PS/PC/PG/NPA) relayaient la propagande gouvernementale sur les soit disant « milliards pour l’université » mènera campagne pour aider à réaliser l’unité pour défendre le maintien de toutes les filières de sciences humaines.

 

Le 11 décembre, le POI a participé, avec d’autres, à la tenue d’une conférence nationale ouvrière « pour l’unité pour arrêter le bras destructeur du gouvernement ». Lors de cette conférence, un appel a été adopté, qui explique : « mettre le doigt dans l’engrenage d’un consensus sur la base de la « nécessaire réduction des déficits publics » qui commande le démantèlement immédiat de la Sécurité sociale, des hôpitaux, de tout le système scolaire, des services de l’Equipement… est un piège mortel pour la classe ouvrière et ses organisations. »

 

Ne retrouve-t-on pas dans le cas de ces plans campus et Idex une illustration de l’engrenage qui conduit au « piège mortel » pour nos droits ?

 

Nous nous adressons donc aux militants de toutes tendances qui refusent ce consensus : organisons entre nous le dialogue pour parvenir à défaire ce que le gouvernement et maintenant le conseil régional veulent nous imposer. Pour aider à cela, le journal Informations Ouvrières, tribune libre de la lutte des classes, est un outil précieux qui chaque semaine donne tous les éléments pour aider à cette résistance. Ce journal est le vôtre, aidez-nous à le diffuser, à en commander, à vous abonnez.

 

Pour sa part, chaque semaine, le comité POI de Montpellier donnera à la population tous les éléments de la nécessaire résistance aux plans de destruction des universités et des organismes de la recherche publique.

 

UNITE pour la défense de toutes les disciplines de l’UM3  et de tous les domaines de recherche !

 

Unité pour en finir avec les plans Idex et Campus de casse du service public d’enseignement supérieur et de la recherche publique au profit des intérêts des entreprises privées régionales !

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