Appel du troisième congrès départemental de la fédération du POI de l’Hérault

Publié le par POI Montpellier

Appel du troisième congrès départemental

de la fédération du  POI de l’Hérault


A la jeunesse, aux travailleurs du public et du privé, aux viticulteurs, aux démocrates, aux mères de famille, aux chômeurs…

 

Alors que les travailleurs, les paysans, la jeunesse…

cherchent les voies de l’unité pour résister :

Où les dirigeants locaux des partis de « gauche »

(PS, PC, PG…) conduisent notre département ?

 

Le congrès du POI lance cet appel pour organiser la discussion politique auprès de tous ceux qui veulent défendre la civilisation : notre département, malgré les campagnes de communication des responsables politiques locaux, est dans une situation de dégradation sociale.

Si la politique qui conduit à ce désastre n’est pas stoppée, l’avenir serait compromis.

Notre département, historiquement, est porté par la viticulture, par l’existence des 343 communes   et  des services publics qui y sont adossés. Comment la plus grosse des communes de notre département, Montpellier, pourrait exister en effet sans ses 3 universités, rassemblant 65 000 étudiants, ou sans le CHU, employant 10 000 personnes ?

Voici l’acte d’accusation que les participants de notre congrès ont dressé

 


Un viticulteur : « Je suis un viticulteur, je lis régulièrement le journal du Conseil Régional et je vois bien que toutes les aides et subventions qu’il donne à la viticulture vont aux gros propriétaires et aux industriels de l’agroalimentaire. Comme le gouvernement, les élus ne parlent que d’exportation, restructurations, fusion des caves, compétitivité. Bref, toute cette politique qui nous conduit à la ruine avec ces prix si bas qu’on ne peut pas s’en sortir. C’est avec l’argent public qu’ils font ça. Pas étonnant que Didier Barral, le président  de l’association régionale des industries agroalimentaires ait déclaré, pour les élections de 2010 : « côté soutien aux secteurs les plus créateurs d’emploi, il y eut le coup de main aux industries agroalimentaires... Pour le business, Frêche est un patron ».

 

 Un étudiant : « Les plans liés au Grand Emprunt (Idex, Labex,...) livrent sur un plateau l'Université aux entreprises privées. Conséquences : il n'y aura plus de recherche fondamentale, plus de sciences humaines, moins d'enseignements disciplinaires mais plus de stages en entreprises. Ce serait un désastre pour les étudiants et les personnels mais aussi pour la société toute entière car des pans entiers de connaissances vont tomber dans l'oubli. Comment comprendre alors que lorsque la présidente de l'Université Montpellier III refuse d'appliquer ces plans-là, elle voit se dresser contre elle non seulement le ministère mais aussi la région, le département et la mairie de gauche? » 

 

Une infirmière : « Depuis la mise en place de la loi HSPT, loi Bachelot, chaque jour se matérialise  le dépeçage de pans entiers de l'hospitalisation publique, la destruction de la sécurité sociale. La santé est un secteur où la réduction des déficits publics se fait sentir de façon la plus aiguë parce que c'est une atteinte à la vie au droit a la santé pour tous également sur tout le territoire.  Sur Montpellier c'est au nom de la réduction de ces déficits, que les membres PS du conseil de surveillance du CHU, Bourquin, Vezinhet, Mandroux, ont tous accepté dans le plus grand silence la privatisation de l'hémodialyse. A ce jour 700 personnels et habitants demandent le maintien du service : le POI va amplifier sa campagne, Bourquin doit recevoir la délégation. » 

 

 Un cheminot : « RFF supporte une dette de 27,5 milliards d’euros et rembourse 1,1 milliards d’euros d’intérêts par an. Ils disent les cheminots coûtent trop cher avec leur statut. Robert Navarro sénateur PS disait que le transfert à Véolia du transport régional ne lui posait pas de problème. Avant la sortie du rapport Grignon le conseil régional (PS, PC Ecologistes) de Bretagne dit que si la démonstration est faite que le privé est moins cher, nous le prenons. Le comité  de résistance des cheminots du Languedoc Roussillon constitué à l’initiative du POI le 7 mai 2011 annonce ses revendications : Abrogation de RFF – Renationalisation de la SNCF et de toutes ses filiales – Non à la réforme constitutionnelle. » 

 

Un enseignant : « L'Inspecteur d'académie répond à une délégation syndicale : «  en tant que citoyen, je constate que le budget de l'Education nationale n'est plus le 1° budget de la nation, dépassé désormais par le service de la dette. Et je constate aussi qu'aucun des candidats déclarés aux élections présidentielles de 2012 ne s'est prononcé pour l'augmentation des moyens pour l'EN. Par conséquent, je fais ce que je peux avec des moyens réduits à la rentrée 2011, et croyez-moi ils le seront aussi en 2012! ».

N'est-ce pas à ce consensus politique que se heurtent des milliers de parents, d'enseignants et d'élus qui exigent l'annulation des suppressions de postes et de classes dans notre département (48 postes supprimés pour 709 élèves de plus dans le premier degré; 600 élèves de plus (un collège) et 53 enseignants en moins (1 collège) dans le second degré) ? » 

 

Un élu : «Je suis maire adjoint à La Caunette, une commune dans laquelle la viticulture est un secteur important. On les pousse à l’arrachage des vignes et on nous rétorque; vous avez un riche potentiel dans le tourisme ; ça créé des emplois ; on vous propose la construction d’un golf. C’est toute la politique du département et de la région qui, en 2010, s’est vantée d’avoir mis 60 millions d’euros  dans le tourisme (+ 215% par rapport à la précédente mandature). On nous a donné comme exemple le site du Pont du Gard où 1 euro investi, en rapporte 40 sur la région proche. Alors, j’ai étudié la question. En fait ce sont les collectivités locales qui investissent 1 euro et les professionnels du tourisme, eux, qui en empochent 40. Comme le dit mon maire: « l’éleveur et le viticulteur feront les guignols devant les touristes avec leur houppelande et leur béret ». C’est ça l’avenir qu’ils nous préparent ! Des emplois précaires, l’été. La réforme des collectivités territoriales, c’est un mariage forcé ! Les préfets avec le silence bienveillant ou la complicité des élus départementaux et régionaux ont décidé de la dilution de nos communes dans des entités élargies sans que nous n’ayons jamais été informés ou consultés, sans que nous ne connaissions les conséquences pour les habitants du village en termes d’impôts, de coût de l’eau ou de ramassage des ordures. Quant aux services publics : que deviendront nos écoles rurales, nos bureaux de postes, les crèches, les maisons de retraites ? Il faut briser ce silence ! »

 

Une militante pour la défense des bureaux de poste : « les maires et les élus qui veulent se battre pour conserver leurs services publics, à quels problèmes se heurtent-ils? Face à notre exigence de retrait des directives, les députés PS que nous avons rencontrés nous ont dit : impossible, on doit appliquer, c'est l'Europe ! Les dirigeants du conseil régional région proposent eux des "points services publics" pour supprimer et regrouper des services ! La population des communes n'acceptent pas. A Roquebrun, 4 nouvelles adhésions ont été faites pour aider au combat contre le consensus. Nous avons demandé audience auprès des députés PS pour qu'ils refusent le consensus autour de la réduction des déficits publics, consensus qui menace tous les services publics. Nous rendrons public ! »

 

 

Un verdict s’impose : la politique de dislocation de notre département, qui conduit au désert économique et social, se met en œuvre avec la participation à tous les niveaux des responsables politiques, en premier lieu les dirigeants du PS et du PC.

N’est-ce pas le résultat (local) d’une politique nationale de consensus entre les formations politiques sur le nécessaire paiement de la dette, sur la « réduction des déficits publics » que le gouvernement veut inscrire dans la constitution en plein mois de juillet, afin de répondre aux injonctions du FMI et de l’Union européenne ?

 

Où les dirigeants du PS et du PC nous emmènent-ils ?

Nous l’affirmons : nous ne souhaitons pas que notre département devienne un désert économique reconverti dans le tourisme et la spéculation immobilière.

Notre congrès fait une proposition à tous ceux  qui veulent arrêter cette politique découlant du consensus politique entre l’état (UMP) et les collectivités locales de « gauche » : ouvrons une discussion sur cette situation et sur les moyens à mettre en œuvre pour arrêter le bras destructeur du consensus ; quelle que soit votre degré d’accord avec l’ensemble des positions du POI, nous vous proposons de nous organiser ensemble dans des comités de résistance pour grouper tous ceux qui se refusent d’abandonner les revendications pour attendre de voir, en 2012, un personnage différent chasser Sarkozy et continuer à appliquer sa politique.

Plus que jamais, nous appelons à l’élargissement de la campagne de signatures en masse de l’appel contre la réforme constitutionnelle du gouvernement. D’ores et déjà, 1238 signatures ont été récoltées, nous en voulons 2000, pour aider à réaliser l’objectif des 55 000 signatures nationalement.

 

•Défense de la viticulture dans l’Hérault, des caves coopératives, du vignoble et des droits de plantation !

•Défense des 343 communes du département avec leurs prérogatives, leurs services publics et leurs SIVOM, pour l’abrogation de la réforme territoriale !

•Défense des 3 universités de Montpellier avec toutes les filières, les diplômes, les laboratoires de recherche, pour l’abrogation des plans de privatisation Campus et Idex ! 

•Défense des hôpitaux de la région, des 2186 lits, des statuts des personnels et des services. Non à la privatisation du service d’hémodialyse au CHU de Montpellier !

 

•Non au consensus contre la classe ouvrière et la République !

•Rupture avec l’union européenne !

•Pour l’assemblée constituante souveraine !

Publié dans Vie du POI

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