Appel des 3 candidats POI de Montpellier aux cantonales (cantons 7,9,10) aux étudiants, aux personnels des universités (UM1, UM2, UM3) ainsi que des centres de recherche.

Publié le par POI Montpellier

 

Non à la privatisation des universités et de la recherche !
Les projets « Initiative d’Excellence (Idex) » et le « Plan Campus» - Université Montpellier Sud de France (UMFS) sont deux plans de destruction du service public résultant du consensus politique général !

 

Bien que la présidente de l’Université Montpellier 3 ait lancé un appel pour que les sciences humaines et sociales ne disparaissent pas dans le cadre du plan sarkoziste Grand Emprunt - Idex »), suite à de nombreuses pressions de toute la classe politique nationale et locale, un accord a finalement été trouvé, qui ouvre la voie à la privatisation des universités sur Montpellier et à la disparition des organismes de recherche publique.
C’est ainsi que le projet Idex Montpelliérain, adopté dans la plus grande discrétion, oriente toute la recherche publique au service des différents secteurs industriels régionaux pour leur permettre de faire plus de profit.
Ainsi les disciplines et thèmes de recherche jugés non rentables pourraient être à plus ou moins brèves échéances liquidés.
Voici par exemple ce que l’on trouve en toute lettre dans le projet Idex, concernant la pédagogie :
 « Cette pédagogie peut se construire naturellement en partenariat avec les acteurs industriels. En effet, lorsqu’un industriel vend un bien ou un équipement lourd, la formation des personnels du client est incluse dans le contrat. Pour le vendeur, ce poste est une contrainte qu’il cherche souvent à externaliser. Plutôt que d’immobiliser des ressources en interne, l’industriel peut confier cette mission à l’Université qui peut de surcroît délivrer un diplôme… »
Il reviendrait donc à l’université de délivrer des « diplômes » locaux dont l’objet serait d’aider les entreprises à former leur client dans le cadre d’un contrat de vente ?
Mais que deviendront les diplômes nationaux, les connaissances ? Faudrait-il accepter qu’ils soient sacrifiés dans le but de venir en aide au patronat régional ?

Quant au « Plan Campus », il commence à se mettre en œuvre à l’Université Montpellier 2.  La démolition de 6 bâtiments est programmée, la reconstruction se fera dans le cadre de PPP (Partenariat Public Privé), c’est donc dans les poches des entreprises de la construction que passeront les « milliards » promis !
Ainsi, le plan campus se charge de privatiser les bâtiments, quand le plan Idex assujettit le contenu des enseignements et des travaux de recherche aux intérêts du privé !


Comment cette privatisation serait-elle possible sans le solide consensus
entre le gouvernement (UMP) et les collectivités et élus de gauche (PS, PCF, PG, NPA, Verts) ?


C’est un fait : l’application des plan campus et Idex ne serait pas possible sans l’accord des élus locaux, en particulier les élus de gauche, majoritaires dans les collectivités locales, dans notre région comme ailleurs.
Concernant le plan campus, en plus du soutien du PS à la tête du conseil général, régional et municipal, le PCF, par la voix de Michel Passet (élu à la mairie de Montpellier) a annoncé : « Toutes les institutions, le monde universitaire et les centres de recherche associés se sont mobilisés en un temps record pour faire de ce dossier, un projet gagnant. » (Tip Top, journal de la mairie de Montpellier à destination des jeunes n°34 été 2008).
De son côté le NPA, dont l’élu s'est abstenu lors du conseil municipal du 18 avril 2008, a déclaré : «  Le plan Campus décide de donner des moyens nouveaux et une visibilité internationale à 10 ou 15 universités » (déclaration de Francis Viguier, élu LCR/NPA au conseil municipal de Montpellier).

Concernant le plan Idex, ces mêmes dirigeants ont choisi soit d’appuyer ouvertement les menaces gouvernementales, soit de rester parfaitement silencieux lorsque la présidente de l’Université Montpellier 3 dénonçait les menaces contre les sciences humaines et sociales

N’y a-t-il pas, sur ces attaques comme sur les autres, à un véritable consensus ?
N’est-ce pas ce consensus pour le sauvetage des banques qui a permis au gouvernement de renflouer les spéculateurs pour qu’ils puissent continuer à spéculer ?
N’est-ce pas ce même consensus pour réduire les déficits publics qui permet au gouvernement de fermer les écoles, de liquider 16 000 postes d’enseignants, de détruire les hôpitaux et la sécurité sociale, au prétexte de rembourser la dette?
Considérant qu’il est urgent d’œuvrer à l’unité pour défaire ce consensus, les candidats du POI affirment qu’une discussion doit s’ouvrir pour permettre de réunir les conditions de la satisfaction des revendications.

Voilà pourquoi nous affirmons œuvrer au combat pour :

-    Refuser le consensus pour  l’application des plans Idex et Campus, qui doivent être abrogés !
-    Défendre tous les enseignements, les diplômes, les laboratoires et les organismes de recherche publique
-    Rompre avec la politique de l’Union Européenne !
-    Refuser de se soumettre au dictat de la dette contractée auprès des banques, cette dette n’est pas la nôtre !

Le peuple Tunisien vient de montrer que rien n’est inéluctable : les Ben Ali, pas plus que l’Union Européenne, et les gouvernements de droite et de gauche qui se succèdent pour appliquer la même politique, ne peuvent résister lorsque les travailleurs et la jeunesse réalisent leur unité, avec leurs organisations !

 

 


Ci-dessous, vous trouverez le compte rendu de la délégation du comité POI de Montpellier auprès de la Mairie de Montpellier, au sujet des plans Campus et Idex.
La Mairie était représentée par Monsieur Lévita, Madame Mandroux n’étant pas disponible.

Après avoir fait part de notre refus de la privatisation via Idex et Campus et de notre désaccord avec la position d’aide qu’a apportée la mairie pour faire aboutir ces plans, une discussion s’est engagée… en voici quelques extraits.

 
M. Lévita : « Nous sommes dans un piège dont on est conscient en tant que socialistes. Nous pensons que les universités doivent avoir une même fonction au plan national.
Sarkozy a présenté un plan. On n'y croit pas vraiment, car l'argent (issu de la vente d'actions de EDF) n'est pas forcément disponible. On ne sait pas où sont les 3,5 Millions annoncés, et la caisse des dépôts refuse de donner des renseignements à ce sujet. Cependant des accords public/privé viennent d'être annoncés. Dans quelle mesure pouvions-nous ne pas être candidats ? Il a été uniformément admis que nous serions candidast, en voyant bien les inconvénients politiques car obligés d'entrer dans une politique que nous désapprouvons en principe. Il n'y a plus qu'à espérer qu'en 2012 il y ait un changement de gouvernement. »

La délégation : « Les personnels des universités s'opposent à ce projet Idex. Une AG a réunie 70 personnels et toutes les interventions dénonçaient ce projet et revenaient sur le rôle qu'a joué la région, le conseil général et la mairie pour faire pression sur Mme Fraïsse. Les régions sont très impliquées dans la mise en œuvre des projets Idex. On s'étonne que les régions socialistes (22 sur 24) mettent ainsi en œuvre un projet lancé par Sarkozy. Sans les conseils régionaux et les collectivités dirigés par la gauche, ces projets n'auraient pas pu avoir lieu, c'est donc un consensus très large qui permet la mise en œuvre d'Idex. »

M. Lévita : « Il va y avoir des universités d'excellence et d'autres de 2nd et 3ème zones. Anne Fraïsse a subit la pression, mais tout le monde est sous pression… Je me suis personnellement élevé contre la déclaration du conseil régional concernant les menaces de suppression d’aide. Il n'y a pas de consensus. Le plan Idex est basé sur des propositions de projets évalués sur leur contenu scientifique. »

La délégation POI : « Si vous pensez que les risques évoqués par A. Fraïsse sont réels, pourquoi le groupe socialiste ne l'a pas soutenue ? De droite à gauche (y compris le FN*) A. Fraïsse a été prise à partie. »

M. Lévita : « Je ne partage pas votre avis. Je suis intervenu lors d'un conseil d'agglomération vis-à-vis de la position du Conseil Régional. Je ne défends pas cette position mais elle était difficilement évitable. »

Commentaire : Monsieur Lévita partage donc beaucoup de nos préoccupations… mais ce qui a été fait pour Idex et Campus était « inévitable ». En parole, nous ne sommes pas d’accord avec la politique de Sarkozy… dans les faits, on applique car il n’y a « pas d’autres solutions »…

* dans le numéro 1 de « l’accent du sud », la responsable du FN (France Jamet) a publié sa position dans une tribune libre : « Sacrifiant l’intérêt général à son ego, la Présidente de Montpellier III condamne à mort le Plan Campus. Christian Bourquin, à l’inverse de son mentor, ne bronche pas ».

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