Appel de 10 ouvriers de Caterpillar : « Et maintenant, que fait-on ? »

Publié le par POI Montpellier

Appel de 10 ouvriers de Caterpillar :

« Et maintenant, que fait-on  ? »

 

« Dix ouvriers de Caterpillar, parmi lesquels des responsables syndicaux, s'adressent à tous les délégués et militants ouvriers de nos entreprises soutenus par le Comité de Grenoble-agglo pour une marche unie sur Paris pour l'interdiction des licenciements qui a publié le 13 mai, un appel aux responsables et élus du PCF.

Grenoble le 8 juin 2009

Nous sommes à la veille de l'été et chez Caterpillar comme dans des centaines d'entreprises de ce pays, on a le couteau sous la gorge...

La direction américaine nous a fixé un ultimatum dans quatre mois.

C'est un chantage qu'on peut résumer en deux mots : « ou bien vous validez l'accord, nous disent-ils, et c'est 600 licenciements, ou bien vous ne validez pas et c'est 733 licenciements. » Ce chantage nous l'avons déjà refusé lors du vote du 23 avril dernier.

Mais la question se pose : ne s'agit-il pas d'une première étape et qu'ils ont décidé, en réalité, de liquider les 2 500 emplois de l'entreprise comme cela c'est passé à Arcelor Mittal avec 300 licenciements du début et  la fermeture à la fin !

Des centaines d'entreprises sont dans la même situation que nous.

Nous posons la question : qu'est-ce qu'on fait ?

Pour notre part, nous avons approuvé l'intervention faite par l'un des nôtres à la « conférence nationale de délégués pour la marche unie pour l'interdiction des licenciements » les 15 et 16 mai à Puteaux. Il a eu cent fois raison de dire devant 300 délégués ouvriers :

« On a tout fait... On a fait grève, on a organisé des AG, on a brûlé des pneus, on est allés à Bercy, où ils ont essayé de faire signer à nos délégués un « protocole informel » pour nous faire avaler 600 licenciements... On a dit non. Ils veulent nous refaire voter. Combien de fois il va falloir le dire ? Non, c'est non.. Je dis stop, ça suffit ! Aux dirigeants des partis, je dis vous êtes des partis de gauche, vous avez le pouvoir d'appeler à une marche unie pour l'interdiction des licenciements. Appelez ! Allez-y ! »

Depuis, nous nous sommes adressés, avec notre comité pour la marche unie, à la direction du PCF qui organisait le 28 mai un rassemblement devant l'Assemblée nationale à l'occasion du dépôt, par les députés, d'un projet de loi visant à interdire les « licenciements boursiers ». Nous lui avons dit :

« Puisque votre parti organise des délégations à Paris le 28 mai, nous vous proposons de vous adresser sans tarder à tous les autres partis (PS, PG, POI, NPA, LO) pour appeler ensemble les travailleurs de l'agglomération grenobloise à se mobiliser pour dire : interdiction des licenciements chez Caterpillar et ailleurs, qui sont tous des licenciements boursiers. »

Les réponses données alors ne sont en rien satisfaisantes et ne correspondent pas à l'urgence... Malgré cela, certains d'entre nous sont quand même montés à Paris le 28 mai. Sur place, nous n'étions qu'une poignée.

Comment cela aurait-il pu en être autrement ? La direction du PCF n'avait appelé ni les autres partis, ni toutes les entreprises à se joindre à eux et à Grenoble, dans le cadre des journées d'action qui n'ont rien apporté aux revendications, elle a appelé seulement à un pique nique devant la Préfecture.

Nous regrettons que les états-majors des partis PS, PCF, PG, NPA et LO aient dédaigné de répondre à nos demandes pour se concentrer exclusivement sur l'échéance des élections européennes.

Aujourd'hui c'est du passé, en revanche les licenciements, à Caterpillar et dans beaucoup d'entreprises sont immédiatement devant nous.

Et maintenant, que fait-on ?

On nous présente de toutes parts les 50.000 € de prime de départ, arrachés à Continental comme la solution à reprendre partout pour répondre aux ouvriers confrontés aux plans de licenciements dans tout le pays.

Nous posons la question :

Serions-nous condamnés à nous battre chacun dans son entreprise pour la meilleure prime de départ ?

Serions-nous condamnés à une situation où tous nos délégués syndicaux, tous nos syndicats seraient irrémédiablement contraints à valider ou à accompagner les licenciements ?

C'est une évidence, à partir du moment où les licenciements seraient inévitables, il vaut mieux partir avec les 50 000 € qu'avec rien du tout. Mais pourquoi devrait-on admettre qu'il n'y a pas d'autre solution que les licenciements ?

Nous refusons d'être condamnés à réagir entreprise par entreprise et à n'avoir d'autre possibilité que d'améliorer le montant des primes de départ et les dispositions sociales accompagnant les suppressions d'emplois. Nous voulons garder notre travail. Nous voulons que les emplois soient préservés pour nous et pour les jeunes.

Est-il possible d'admettre que notre sort, le sort des ouvriers de Caterpillar, Goodyear, Hewlett-Packard, Timken... soit scellé ?

Nous disons : non !

Nous invitons nos collègues de travail à se tourner, à nouveau, avec nous, dans un nouvel et pressant appel vers les partis se réclamant du mouvement ouvrier.

Nous invitons tout particulièrement nos collègues de travail membres du PCF, du PS... à s'adresser à leur parti pour leur dire :

« Il y a urgence à décider l'organisation d'une marche unie pour l'interdiction des licenciements. Nous sommes prêts à l'organiser avec vous dans chacune de nos entreprises, dans chacune de nos villes.

Nous ne comprenons pas que vous continuiez à tergiverser. Nous ne l'acceptons pas. Ecoutez-nous quand nous vous disons que nous ne pouvons accepter de voir nos emplois supprimés, nos familles condamnées à la misère.»

Nous nous adressons à tous, nous sommes à ce jour plus de 65.000 dans tout le pays à avoir signé l'appel pour une marche unie pour l'interdiction des licenciements, nous avons constitué des centaines de comités pour cette marche.

Et maintenant, que faire ? Nous posons la question : si les dirigeants du PS, du PCF, du PG, du NPA, de LO, persistent, ne faudrait-il pas que nous organisions nous-mêmes une montée à Paris. Cela constituerait un premier pas dans la préparation de la marche unie pour l'interdiction des licenciements qui doit être appelée dans l'unité des partis, et pour laquelle nous combattons plus que jamais ?

Nous vous invitons, en signant cet appel, à organiser dans chacune de vos entreprises et localités un comité qui agisse pour la marche unie.

Il y a urgence. Faisons connaître cette initiative. Faisons savoir que nous sommes prêts.

Nous vous soumettons cette proposition. Pour l'interdiction des licenciements ! Pour la marche unie !

Je m'inscris pour organiser et agir pour la marche unie pour l'interdiction des licenciements... »

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