CONFERENCE NATIONALE DE DELEGUES POUR LA MARCHE UNIE POUR L'INTERDICTION DES LICENCIEMENTS

Publié le par POI Montpellier

CONFERENCE NATIONALE DE DELEGUES POUR LA MARCHE UNIE
POUR L'INTERDICTION DES LICENCIEMENTS
Puteaux - 15 & 16 mai 2009

 

 

APPEL

 

138 000 emplois salariés détruits au premier trimestre de cette année, c'est le chiffre annoncé ce 15 mai par le ministère de l'Emploi... Autant que durant toute l'année 2008.

Et cela ne cesse de s'accélérer.

Le chiffre de 3 000 suppressions d'emplois par jour est annoncé.

Sony, Molex, Faurecia....

L'extrême précarité frappe d'ores et déjà, deux ans après leur licenciement, des dizaines de milliers de travailleurs condamnés au RMI.

« On va se faire bouffer, usine par usine », s'indignait ce délégué, exprimant l'opinion de dizaines de milliers de travailleurs, à la porte d'une entreprise (Tyco dans l'Eure), à la veille de notre conférence « On a tout fait. On a fait grève pendant deux semaines, à 98% des 260 salariés, cadres compris. On est allé chez Lagarde, au ministère de l'Economie. On a manifesté à Louviers, on s'est enchaîné au stand Renault au salon de l'auto. On a contacté les élus, les représentants de l'Etat... Mais on n'a pas réussi à bloquer les licenciements.

Les lettres arrivent, 33% vont les recevoir en mai, 33% en juillet et le reste en septembre. Les machines sont en cours de déménagement vers la Tchéquie et la Hongrie.

Tous les jours, je vois aux infos les gars de Caterpillar, de Continental... qui se battent comme nous, mais on n'a jamais été rassemblés.

Qu'est-ce qu'ils font en haut, les dirigeants ?

On n'y arrivera pas avec des journées à répétition, c'est évident.

Où on va comme ça ? Oui, l'organisation d'une marche unie pour l'interdiction des licenciements est nécessaire et urgente. »

« Oui, on a tout fait » lui répondait en écho dans la conférence le délégué de l'usine Caterpillar de Grenoble « On a brûlé des pneus, on est allés à Bercy où ils ont essayé de faire signer à nos délégués un "protocole informel" pour nous faire avaler le passage de 733 à 600 licenciements avec 15 samedis travaillés par an pour ceux qui restent.

On a dit non. Ils veulent nous faire revoter, combien de fois il va falloir le dire ? Non, c'est non. Depuis le 19 décembre j'ai bossé 3 jours ! On n'en peut plus. Les frigidaires sont vides. Comment on fait ?  Je dis stop, ça suffit !

Aux dirigeants des partis je dis : « vous êtes des partis de gauche, vous avez le pouvoir d'appeler. Appelez ! Allez-y ! »

Un constat confirmé par les nombreux délégués de Sony, continental, des dockers...

138 000 emplois détruits en trois mois...

Tous les travailleurs de ce pays ont suivi le combat des travailleurs de Caterpillar. Tous se retrouvent pour dire :

Ils ont eu raison, les travailleurs de Caterpillar, de rejeter le chantage de la direction et de refuser de « choisir » entre 733 ou 600 licenciements.

Ils ont eu raison de refuser le plan de réorganisation des horaires de travail avec « horaires tournants », augmentation du temps de travail... contre une « promesse » de sauver 133 emplois, promesse dont tout le monde sait ce qu'elle vaut.

Ils ont eu raison de rejeter le protocole qu'on leur proposait.

Mais aujourd'hui, ils se retrouvent face à la riposte violente de la direction américaine de Caterpillar qui, pour garantir ses profits, décide de passer en force, de liquider 733 emplois, comme première phase du démantèlement complet de l'usine.

Le sort des travailleurs de Caterpillar préfigure le sort de dizaines de milliers de travailleurs directement menacés, dans tous le pays, par cette vague de destructions d'emplois.

.../...

Nous, travailleurs, délégués à cette conférence appelée par des militants de toutes tendances présents à  la tribune d'un meeting du POI à Marseille, approuvons la nouvelle démarche entreprise auprès des directions des partis PS, PCF, PG, NPA, LO auxquels il a été demandé de recevoir une délégation à leur siège ce 15 mai.

u Est-il possible, leur avons-nous dit,  de laisser les capitalistes poursuivre leur travail de destruction ?

u Est-il possible, par exemple, de laisser les patrons américains de Caterpillar faire, avec la complicité des pouvoirs publics de ce pays, un exemple en liquidant 733 emplois comme première étape de la fermeture pure et simple ?

u Qui pourrait comprendre que les dirigeants des partis se réclamant de la défense des intérêts ouvriers ne saisissent pas ce qui est en jeu ?

u Qui pourrait comprendre que des dirigeants refusent d'entendre la voix de ces 66 000 travailleurs qui ont signé l'appel leur demandant d'organiser la marche unie pour l'interdiction des licenciements ?

Des centaines de milliers de travailleurs de ce pays sont prêts à  répondre immédiatement à un appel qui dirait simplement :

« 138 000 destructions d'emplois en trois mois, ça suffit ! Pas une suppression d'emploi de plus !

Ne touchez pas aux travailleurs de Caterpillar ! Interdiction des  licenciements ! »

Le PCF et le PG se prononcent pour l'interdiction des licenciements boursiers et dans toutes les entreprises qui ont reçu des aides de l'Etat, qui font des bénéfices. Ils déposent un projet de loi en ce sens à l'Assemblée nationale.

Le PS a déclaré, par la voix de Martine Aubry le 25 avril à Toulouse : « Si nous étions au gouvernement (...), nous aurions pris des mesures pour empêcher les licenciements financiers, en les rendant très coûteux. Une entreprise qui fait des bénéfices et qui licencie devrait être obligée d'investir dans la réindustrialisation. »

Caterpillar fait des bénéfices et procède à des licenciements, tout ce qu'il y a de boursiers, qu'attendez-vous pour appeler ensemble et « obliger » Caterpillar à annuler son plan ?

Faites-le ! Appelez en commun , décidez d'en appeler aux travailleurs et au peuple de ce pays à participer à une marche unie pour l'interdiction des licenciements. Cela constituerait aujourd'hui le plus formidable encouragement pour tous les travailleurs menacés dans leur emploi dans tout le pays, pour les travailleurs de Continental, Sony, Heuliez...

u Ce 15 mai, une délégation de notre conférence a été reçue par le PS, le PCF et le PG (*).

La conférence nationale de délégués se félicite qu'à l'issue de la rencontre avec les représentants de la direction du PCF, un relevé de conclusion ait été rédigé en commun : « La rencontre a dégagé notre appréciation commune suivante : la situation, qui voit se multiplier les plans de licenciements, conduit les partis politiques qui se réclament du mouvement ouvrier à devoir prendre des initiatives pour l'interdiction des licenciements. Des initiatives ont déjà été prises sur la question de l'emploi. Ce week-end se tient une conférence nationale de délégués de comités pour l'unité pour la marche unie pour l'interdiction des licenciements. Si cette conférence décidait d'appeler à une réunion de tous les partis se réclamant du mouvement ouvrier pour discuter d'un appel à une marche unie pour l'interdiction des licenciements, le PCF y répondrait positivement. Cette réunion pourrait avoir lieu rapidement en tout cas, immédiatement après le rassemblement du 28 mai appelé par le PCF jour du dépôt de son projet de loi pour l'interdiction des licenciements. Ce 28 mai constituant une étape dans et pour la construction de la marche unie pour l'interdiction des licenciements. »

La conférence estime que cette proposition est un pas dans la bonne direction. La conférence prend donc la responsabilité d'organiser immédiatement après le 28 mai la réunion proposée en commun par le POI et le PCF, et à laquelle sont invités le PS, le PG, LO et le NPA.

Profondément convaincue de l'urgence d'arracher l'interdiction de tous les licenciements, la conférence appelle à agir pour lever les obstacles et pour constituer dans tout le pays les comités pour l'unité pour l'interdiction des licenciements, groupant travailleurs et militants de toutes tendances, tissant le réseau politique nécessaire pour organiser la puissante mobilisation qui réalisera l'unité pour l'interdiction des licenciements.

(*) Le compte rendu intégral de ces délégations sera publié.


Signataires :

Jean MARKUN, Daniel GLUCKSTEIN, Gérard SCHIVARDI, Claude JENET,( secrétaires nationaux du POI) ; Jean-Jacques KARMAN, membre de la direction nationale du PCF ;

Et les délégués des comités qui ont rencontré le PCF, le PS le Parti de Gauche avant la conférence ;Michel DAUJA, PS, Paris ; Patrick HACHAGUER, Sony (40) ; Gérard BUTTIN, Caterpillar (38), Gérard LUIGGI, équipement (83) ; Maurice MARCHAND, Sacred, Saint-Lubinc (28) ; Jocelyne FRANÇOIS, Ouest-Injection, Dreux (28) ; Dominique MAILLOT, syndicaliste (28) ; Pierre VERCRUYSSE, Sanofi Aventis, Vitry (94) ; Alain AUCOUTURIER, métallurgie (77) ; René SALE, hospitalier, Aix-en Provence (13), Lydia FRENTZEL, PCF, Marseille Nord (13) ; Dominique LAURENT, Peugeot, Vesoul (70) ; Marie-Hélène VENERONI, hospitalière, Aix-en-Provence (13) ; Rarabea LIZOT, aide-soignante, hôpital Edouard-Toulouse, Marseille (13) ; Damien CARDON, docker, La Seyne Bregaillon (83) ; Michaël FOURNEAU, docker, La Seyne Bregaillon (83).

 

Et 372 autres délégués à la conférence dont les noms seront publiés sur le site du POI

Correspondance : POI - 87 rue du Faubourg-St-Denis 75010 Paris -

parti-ouvrier-independant@orange.fr

 

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