suite à la manifestation pour Gaza du 10.01.09

Publié le par POI Montpellier

Le comité POI de Montpellier se félicite de la réussite de la manifestation d'hier. Contrairement à ce qu'annonce le Midi Libre, les 7000 manifestants qui se sont déplacés pour crier leur colère ne l'ont pas fait pour « s'opposer aux violences entre Palestiniens et armée israélienne », mais pour dénoncer le génocide du peuple palestinien par Israël devant les yeux complices de la communauté internationale, de l'ONU et de Bush, comme l'ont scandé les cortèges dans toute la manifestation.

Le POI ré-affirme ses mots d'ordre :


« -Arrêt immédiat de l'intervention militaire israélienne à Gaza !

-Levée immédiate du blocus de Gaza !

-Le peuple palestinien, comme tous les autres peuples, a droit à la liberté, à la paix et à la justice ! »


ci-dessous :


-         les photos prises par un membre du POI de Montpellier (un grand merci à Jacques!)

-         les éléments du tract distribué lors de cette manifestation




Elements du tract distribué :


10 000 Israéliens manifestent à Tel-Aviv

pour l'arrêt immédiat de l'intervention.

A Tel-Avtv, samedi 3 janvier, plus de 10 000 Israéliens ont manifesté à l'appel de 27 organisations pour un ces­sez-le-feu immédiat et la levée de l'embargo. Selon les organisateurs, eux-mêmes surpris par le nombre important de manifestants : « Une semaine après la dernière guerre du Liban (été 2006), nous ne parvenions qu'à mobiliser 1 000 manifestants. Le fait est qu'aujourd'hui 10 000 sont venus, prouvant qui, l'opposition à la guerre est plus forte à présent. » Dans le même temps, près de 100 000 Palestiniens de l'intérieur, avec de nombreux Juifs israéliens, manifestaient à Sakhnin, en Ga­lilée sur les mêmes mots d'ordre. Comme le rapporte Le Jour­nal du dimanche (4 janvier), « les Arabes israéliens vivent depuis huit jours entre la colère et l'angoisse (...) Depuis une semaine, le gouvernement israélien surveille les manifestations quasiment quotidiennes des Palestiniens israéliens comme le lait sur le feu. "La situation est pour l'instant sous contrôle, estime Ygal Palmor, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Mais nous avons toujours une crainte que la situa­tion ne dégénère". »

« La colère des Arabes israéliens », titre le Le Journal du dimanche (4 janvier). « Nous sommes des Palestiniens qui vivent en Israël, pas des Arabes israéliens », explique Ahmad. « De toute façon, eux-mêmes ne nous considèrent pas comme des leurs. »           



George Bush parle et approuve...

George Bush a réaffirmé qu'il « comprenait la volonté d'Is­raël de se protéger ». Inter­rogé par la chaîne CBS, l'actuel vice-président améri­cain, Dick Chenet', a quant  à lui ajouté qu'Israël n'avait pas « demandé d'autorisation ou d'approbation américaine avant de cibler le Hamas avec une pénétration au sol dans Gaza ».

Le gouvernement américain, qui vient de bloquer une réso­lution du Conseil de sécurité de l'ONU qui demandait timi­dement un cessez-le-feu ren­voyant dos à dos les deux camps, a dit qu'il souscrivait totalement aux arguments avancés par l'Etat d'Israël pour justifier la poursuite de l'inter­vention.


... Barack Obama se tait pour le même résultat

Quant à Barack Obama, « au moment même où les israé­liens et les Palestiniens sont plongés dans un profond conflit, le président élu reste silencieux, refusant de bouger de sa règle du il-n'y-a-qu'un­président-à-la-fois », selon l'agence Reuters (4 janvier), qui rapporte que « des cri­tiques auraient aimé qu'il dise quelque chose à propos de la mort des civils palestiniens pris dans les combats »



Quatre points de vue

La parole à Stéphane Hessel, rescapé de Buchenwald, Ilan Pappe, historien israélien,
Salah Salah, membre du Conseil national palestinien, et Tariq Ali, intellectuel britannique.


Stéphane Hessel

Ancien résistant, rescapé de Buchenwald et de Dora, ancien ambassadeur.

« Un crime contre les droits de l'homme »


Il convient de noter la réaction de Stéphane Hessel, publiée dans Libération (31 dé­cembre). Pour cet ancien résis­tant, rescapé des camps d'extermination nazis de Buchenwald et de Dora, ancien ambassadeur de France, « il est incroyable d'entendre l'ambassadeur d'Israël en France dire que 500 000 Is­raéliens vivent sous la terreur depuis six ans.

Que nous ayons laissé sans sanction internationale le gouvernement israélien ces cinq dernières années, et encore tout récemment, constitue égale­ment un crime contre les droits de l'homme. »



llan Pappe

Historien israélien, et notamment auteur d"'Une terre pour deux peuples" (extraits d'un article)

« La rage du bon droit »


Les Palestiniens qui, en Israël, ont manifesté leur solidarité avec les habitants de Gaza sont maintenant dénoncés comme une cinquième colonne dans l'Etat juif. Leur droit à demeurer dans le pays où ils sont nés est mis en cause du fait de leur refus de soutenir - l'agression israélienne.

Ceux d'entre eux qui acceptent - à tort, à mon avis - d'appa­raître dans les médias locaux ne sont en fait pas interviewés, mais interrogés comme s'ils étaient des détenus dans une prison du Shinbeth (services secrets israéliens).

Leur passage à l'écran est pré­facé et suivi d'humiliantes remarques racistes, ils sont traités comme appartenant à un peuple fanatique et irra­tionnel, et comme constituant une cinquième colonne.

Cela, cependant, n'est pas la pratique la plus Il y a dans les hôpitaux israéliens quelques enfants palestiniens .venus des territoires occupés et qui sont traités pour des maladies cancéreuses.

Dieu seul sait le prix que leurs familles ont dû payer pour qu'ils soient admis dans ces établissements.

La radio israélienne se rend quotidiennement dans ces hô­pitaux et demande aux mal­heureux parents qu'ils expli­querait aux auditeurs israéliens à quel point Israël a raison de mener son offensive et à quel point Hamas, en se défendant, représente le mal (...).

Cette volonté furieuse de pro­clamer son bon droit est un phénomène constant dans l'histoire de la dépossession des Palestiniens par l'Etat d'Is­raël, et auparavant par les sio­nistes.

Chacune de leurs actions, qu'il s'agisse de nettoyage ethnique, d'occupation, de massacres ou de destruction, est toujours présentée comme moralement correcte et comme un acte d'autodéfense qu'Israël se voit contraint d'accomplir dans une guerre menée contre le pire type d'êtres humains.


Salah Salah

Membre du Conseil national palestinien, responsable des réfugiés (extraits d'une déclaration)

« Dans l'objectif de réaliser le projet de "transfert" »

 

Israël est inter venu à Gaza pour les raisons suivantes:

1. Israël a obtenu accord des Etats-Unis, et spécialement au moment au le pouvoir va être pris en main par le nouveau président, Barack Obama.

2. L'Union européenne comprend les motivations d'Israël pour lancer cette attaque inhumaine, considérant qu'il s'agit d'une attaque contre le « terrorisme ».

3. La collusion des pays arabes avec Israël contre le pouvoir du « Hamas » dans la bande de Gaza,  alors qu'il faut comprendre que cette attaque n'est pas dirigée contre les membres du Hamas, mais contre les 1,5 million de Palestiniens innocents.

4. Comme les élections israéliennes approchent, les trois leaders, Olmert, Barack et Levni, sont en compétition pour prouver leur capacité d'offrir la sécurité à Israël.

La poursuite de la dispute interne palestinienne entre le Hamas et Falah, et le fait que le Hamas est au pouvoir dans la bande de Gaza ne suffisent pas à expliquer les raisons de base pour cette opération militaire (...). L'intervention cause des pertes matérielles et humaines, mais aussi la destruction de terres agricoles, la perte d'animaux, afin de pousser les civils à immigrer dans l'objectif de réaliser le « projet de trans­fert » (1).


(1) Un projet de transfert avait été éla­boré par certaines fractions israé­liennes, visant à expulser tous les Palestiniens dans les pays arabes dans l'objectif d'un « Grand Israël ».



Tariq Ali

Intellectuel britannique (extraits d'un article publié dans le journal britannique "The Guardian")

"Depuis les cendres de Gaza"


L'attaque de Gaza (a été) planifiée depuis plus de six mois et exé­cutée au meilleur moment (...) - Washington et ses alliés de l'Union européenne (étaient) parfaitement informés que Gaza allait être attaquée, comme dans le cas du Liban en 2006, et se sont installés pour assister au spectacle. Washing­ton accuse les Palestiniens pro­Hamas, comme à son habitude, Obama et Bush chantant le même hymne sur la partition de l'American Israeli Political Activity Committee (AIPAC). Les politiciens de l'Union euro­péenne, ayant observé la mise en place du siège, la punition collective infligée à Gaza, les ci­vils pris pour cibles, etc., furent d'avis que c'était les tirs de ro­quettes qui avaient « provo­qué » Israël, mais appelèrent les deux camps à mettre fin à la violence, sans effet. La dictature bouffée aux mites de Moubarak en Egypte et les islamistes fa­voris de l'OTAN à Ankara n'ont même pas été capables d'une protestation symbolique com­me le rappel de leurs ambassa­deurs. La Chine et la Russie n'ont pas demandé la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU pour discuter de la crise.

( ... ) Le bain de sang à Gaza sou­lève, pour les deux camps, de plus amples questions straté­giques, liées à l'histoire récente. Un fait que l'on se doit de re­connaître est qu'il n'y a pas d'Autorité palestinienne. Il n'y en a jamais eu. Les accords d'Oslo furent un désastre com­plet pour les Palestiniens.

( ... ) La seule solution accepta­ble est celle d'un seul Etat pour Juifs et Palestiniens, dans lequel les exactions du sionisme soient réparées. Il n'y a pas d'autre voie.

Et les citoyens israéliens pour­raient méditer les mots de Sha­kespeare (dans Le Marchand de Venise), que j'ai légèrement mo­difiés: « Je suis Palestinien... Un Palestinien n'a-t-il pas d'yeux ? Un Palestinien n'a-t-il pas de mains, des organes, des propor­tions, des sens, des émotions, des passions ? N'est-il pas nourri de la même nourriture, blessé des mêmes armes, sujet aux mêmes maladies, guéri par les mêmes moyens, réchauffé et refroidi par le même été, le même hiver, comme un Juif ?

Si vous nous piquez, ne sai­gnons-nous pas ? Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ? Si vous nous empoisonnez, ne mourons-nous pas ? Si vous nous faites tort, ne nous venge­rons-nous pas ? Si nous vous res­semblons dans le reste, nous vous ressemblerons aussi en cela... La vilenie que vous m'en­seignez, je la pratiquerai et ce sera dur, mais je veux surpasser mes maîtres. »






















Publié dans Contre la guerre

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