Retrait du plan campus/UMSF!

Publié le par poi_montpellier

Retrait du plan « Campus » ! Défense des universités, des filières, des diplômes !


Communiqué du POI Montpellier


Le comité pour un Parti Ouvrier Indépendant de Montpellier tient à réagir face aux déclarations de satisfaction de toute la classe politique, qui considère que la désignation des universités de Montpellier comme devant appliquer le plan « campus » est une grande victoire.


En effet, le jeudi 29 mai nous avons pu entendre d'un côté, la majorité locale, présentée comme « opposée à Sarkozy » expliquer : « Quand j'ai reçu le SMS de Valérie Pécresse, jeudi soir, à 21 h 30, j'ai sauté de joie » (Mandroux, PS) « C'est l'une de mes plus belles victoires depuis mon arrivée à la mairie de Montpellier en 1977. » (Frêche, PS) ; de l'autre,  l'opposition locale, pro-Sarkoziste : « Je me réjouis d'avoir, avec des collègues parlementaires, réussi à convaincre jusqu'au dernier moment le cabinet du ministre de la crédibilité du dossier. » (Domergue)


Derrière ce concert de satisfaction, pas un mot sur le contenu réel du plan Campus. Il s'agirait, selon les mêmes, de plus d'argent pour les universités, afin de faire rayonner Montpellier sur l'arène internationale.


Regardons-y de plus prêt.

Dans le cahier des charges du plan « campus », on trouve : « Les modalités de financement des projets retenus au titre de l'Opération Campus sont volontairement innovantes. Elles reposeront en effet sur des contrats de partenariats (partenariats public-privé), dans le triple objectif de rapidité de mise en oeuvre, d'encouragement des relations entre les établissements d'enseignement supérieur et le secteur privé, de responsabilisation des équipes dirigeantes des universités conformément à la logique de la loi votée en août 2007 [loi d'autonomie des universités, LAU/LRU, NDLR]. »


Conformément à la loi LRU, voté contre le combat des milliers d'étudiants et de professeurs qui refusaient la destruction du service public, des diplômes, des filières, des statuts ! C'est à cela que nous devrions applaudir ? A la liquidation du service public par les partenariats publics privé ?

Le même cahier des charges précise : « Il est donc demandé aux universités candidates de réfléchir dès à présent soit à la manière d'attirer des partenaires investisseurs qui partagent le même projet, soit à la possibilité d'intégrer dans leur projet de campus des activités économiques dont elles peuvent attendre des retours sur investissement. »


Nous nous posons une question : est-ce le rôle du service public que de proposer des services à des entreprises privées pour garantir des « retours sur investissement » ? Que deviendra la recherche publique, l'indépendance des laboratoires, des professeurs chercheurs ainsi soumis à la logique de rentabilité financière ?

Nos universités ne se sont-elles pas constituées, à travers la Révolution Française, en rupture avec les églises, les intérêts privés, cela afin de promouvoir les qualifications, sanctionnées par un diplôme national.


Est-il besoin de rappeler que les conquêtes de 1936 (les œuvres sociales, qui deviendront les CROUS) et de 1945 (sécurité sociale) arrachées par le combat de la classe ouvrière de notre pays, a permis à des générations de fils d'ouvrier, de paysans, à des milliers de jeunes de pouvoir poursuivre leurs études après le bac, et avoir ainsi une qualification, un diplôme ?

N'est-ce pas cela que le gouvernement souhaite voir disparaître à travers la LRU et le plan Campus ?


Mais au fait, d'où vient cette politique ?

Le 10 mai 2006, voici ce que disait la commission européenne : « [il faut] mettre en place de nouveaux systèmes de financement des universités conférant aux établissements une plus grande responsabilité vis-à-vis de leur viabilité à long terme », et « d'étendre l'autonomie et la responsabilisation des universités ».


En 2007, la loi d'autonomie est votée, en collaboration avec l'UNEF, et en 2008, en application de cette même loi, le gouvernement impose le plan « campus ».


La jeunesse a besoin de leurs universités, de leurs filières, de leurs diplômes, contre la précarité que cherche à leur imposer l'Union européenne.


Voilà pourquoi le comité de Montpellier se prononce pour le maintien de toutes les filières, de tous les enseignements, des statuts des personnels, de l'intégralité de la recherche public, contre toute rentabilité économique du service public de l'enseignement supérieur, pour que la jeunesse puisse avoir un vrai diplôme reconnu dans les conventions collectives, dont le contenu est défini nationalement, sans stage ou autres formes de destruction des enseignements.


Ainsi, nous nous prononçons pour l'unité pour l'abrogation de la LRU, rejetée par les étudiants à l'automne et pour l'abrogation du plan « campus » qui en est l'application.


Plus que jamais, un parti ouvrier indépendant est nécessaire. Un parti défendant chaque conquête de la civilisation, un parti pour rompre avec l'Union européenne.

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